Nightmare Alley, Bradley Cooper noyé dans les abysses et la noirceur du genre humain.


« Les gens meurent d’envie de se dévoiler. », cette phrase pourrait faire office de moralité, mais cette fable sur le genre humain n’est pas uniquement un film noir audacieux, il permet également de jouer avec les croyances de tout à chacun.

Le remake du film Le Charlatan baptisé Nightmare Alley permet de contempler Bradley Cooper se noyant dans les abysses et la noirceur du genre humain. Le lieu du cirque avec des Freaks (1932, Tod Browning) rappelle le grand classique du cinéma Hollywoodien. Mais cette fois-ci, nous ne cherchons pas à savoir qui est le monstre entre les belles personnes et les freaks, oh non, le sujet est plus insidieux : Est-ce le pouvoir qui corrompt ou simplement la course-poursuite après l’argent, le prestige ?

Le réalisateur nous donne un avis tranché et la vraie conclusion de ce film réside dans son retournement de situation. Peu à peu on comprend qu’il ne faut pas se fier aux apparences et faire à attention à ne pas être l’arroseur arrosé de l’histoire. C’est-à-dire ne pas devenir l’idiot du spectacle.


Pendant une grande partie du film, le héros se perd, laissant croire qu’il est corrompu par l’argent et la vie de palace. Cependant, le retour en arrière sur l’assassinat de son père permet de comprendre qu’il ne faisait que porter un masque. Il n’est pas le gentil garçon bien élevé, il n’est pas en deuil à proprement parler.

Il ne voulait pas ressembler à son père, ne voulait pas non plus être face à son acte. Il se condamne donc à vivre dans un contrôle total, un peu comme un criminel qui aurait peur d’être démasqué. Pourtant, durant la première partie du film, la montre qu’il porte à son poignet est présentée comme un souvenir ou un cadeau de son père, mais en réalité ce n’est qu’un trophée.

Comme dans beaucoup de films noirs, une femme forte (pour ne pas dire femme fatale) va venir dévaster et ébranler toutes les certitudes et les plans de son alter égo masculin.

En réalité ce qui fait la force de ce film, c’est d’utiliser le mentalisme et la psychanalyse comme deux méthodes pour sonder l’âme des gens. Le mentalisme utilise des combinaisons de psycho-morphologie et astuces mnémotechniques, tandis que la psychanalyse demande de croire en l’inconscient et de s’abandonner en séance.

Les deux pratiques sont des armes puissantes et comme le dit le mentor du héros, il ne faut pas en abuser, car nous risquons de finir par mentir aux autres et à soi-même. Il y a un avertissement à l’usage du mentalisme, surtout lorsqu’il n’est pas utilisé dans le cadre du divertissement. À trop user de ce mensonge l’artiste ne peut que croire que cela est vrai et fatalement se sentira supérieur aux autres investi d’un grand pouvoir, tel un dieu.

Musique du film

Les musiques originales sont signées NATHAN JOHNSON.

Mais vous pourrez découvrir également Stardust par Hoagy Carmichael.

Dans la bande-annonce le titre synchronisé est Scandal par MARTYN CORBETT.

Il y a également d’autres titres inédits comme I’ll Be Seeing You une cover réalisée par TAIINA, BIZ COLLETTI.

Sortie en salle le 19 janvier 2022 • Durée 2h 31min
Distributeur Searchlight Pictures
DrameThriller De Guillermo del Toro • Scénario de  Guillermo del ToroKim Morgan
Avec Bradley CooperCate BlanchettToni Collette

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