De Son Vivant, quand Emmanuelle Bercot filme la vie


Diffusé en exclusivité au Festival de Cannes, le dernier film d’Emmanuelle Bercot est bouleversant, touchant et troublant. Attention, cette chronique révèle quelques éléments de l’intrigue.

Il est étrange de voir à quel point dans le dernier film d’Emmanuelle Bercot la vie est si belle, si bruyante et la mort si cruelle et si dure à distancer. Un véritable hymne à l’existence et au sens de la vie, De Son Vivant retrace les derniers mois d’un condamné à mort, le cancer est là, le combat médical ne fonctionne pas. Il ne reste plus que l’attente et les pensées.

Il y a cette mélodie étrange, celle de l’amour, de la vie et de l’espoir que notre existence aura un écho dans le présent. Cette peur sans cesse de n’avoir rien accompli ronge Benjamin, qui décide dans un dernier espoir de tout léguer à son fils. Il n’a pas pu être un père de son vivant, il en deviendra un par sa mort. À côté de cela il y a ce fils fantôme qui attend, qui hésite. Il ne veut pas bousculer ses certitudes sur l’absence, mais dans ce long combat existentiel, résonne la mélodie du pardon, quand la grand-mère serre la main de son petit fils. Elle a perdu un fils, mais a-t-elle gagné un petit-fils ? Personne ne le sait, mais la dernière volonté muette de Benjamin est celle-là, celle de l’offrande, il lui offre son héritage, mais aussi un nom, par cette reconnaissance de paternité.

Dans ce fond de peur, de crainte, il y aussi cette question sans fin, « c’est quoi la présence ? ».

En tant qu’acteur et professeur de comédie, Benjamin se pose cette question sans fin, mais ne trouve jamais la réponse. La présence ce sont ces choix, ces peurs, des désirs et aussi cette absence qui résonnent à travers nous.

La musique du film est attendrissante et très pertinente. On note la musique de fin, la cover de Voyage Voyage faite par Soap&Skin. Nous avons dans notre recherche trouver une version de Sloń un peu moins dramatique, mais toute aussi touchante.

Cette cover de Soap&Skin est disponible sur le mini album Narrow (Février 2012). Disponible sur amazon !

Le professeur de médecine parle souvent de ce combat comme un dernier voyage. Il promet d’être là jusqu’au bout, du moins d’aider au maximum ce héros. Oui, car les malades atteints d’un cancer sont des héros qui vont se battre jusqu’à épuisement, un peu comme ces demi-dieux grecs, ils n’ont pas choisi ce combat, mais ils sont dans l’obligation de s’y soumettre.

La musique originale est signée Eric Neveux.

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