Bloody Milkshake : Karen Gillan n’a jamais autant crevé l’écran


Il faut avouer que l’esthétique de ce film est très fort, très personnel et très riche. On sent la maitrise du langage cinématographique et les heures à regarder des grands classiques. Le réalisateur ne s’en cache pas, il aime le cinéma et cela se ressent dans chacune des scènes.

Entre Western moderne et film noir

Il va user d’une photographie millimétrée. La scène la plus marquante est probablement celle de la séparation entre la mère et la fille. On a beaucoup aimé la photographie, qui par le jeu des contrastes et de la colorimétrie fait un écho à l’époque des films noirs. La scène où cela se voit le plus est celle sur le parking quand la mère d’Eva l’abandonne.

On pourrait croire que le film se limite au film noir et au western, mais on retrouve une grande influence dans la colorimétrie à des séries comme Riverdale et autres séries issues des éditions Archie Comics.

Quant au reste du film, on ressent beaucoup l’attrait pour les westerns, dans le choix de la musique, dans le choix des cadrages et mêmes des costumes : comme le style d’Eva à la Calamity Jane, un long manteau, un chapeau.

Une guerre des générations

Le film pourrait ressembler à un blockbuster fade, mais le réalisateur va intellectualiser la violence. Elle n’est jamais gratuite et le fond d’historicité personnelle des différents personnages apportent toute la substance à ce film. On comprend assez rapidement qu’ici nous sommes dans une histoire de violence pour survivre et non de la violence par plaisir.

Bien souvent l’erreur des cinéastes et des réalisateurs est d’offrir une raison très simpliste et le public doit se contenter de cela. Si jamais cela ne lui suffit pas, il n’a plus qu’à quitter la salle en restant frustré. Ici, le réalisateur dresse met en place une histoire sur trois niveaux : Les anciens et la mère de l’héroïne, l’héroïne et la protégée qui représente l’avenir. Toutes ces différentes histoires de vies vont mener à l’explication de la violence non gratuite, mais nécessaire.

Cette guerre des générations met en place deux camps visibles : une organisation du crime famille en opposition à la Firme. Une organisation sans aucun scrupule et sans aucune parole. Elle prend et utilise ses employés, sans se soucier de la pérennité.

Au-milieux de tout cela, il y a des vies. L’héroïne va devoir faire des choix et ses choix laisse penser à un fantasme de réparation par le quelle elle décide de sauver une vie, mais également racheter l’injustice. Le personnage d’Eva est-il bon ou mauvais ? Comme le dit si bien sa jeune protégée : « Tu n’as fait qu’appuyer sur la détente ». Oui, ce n’était pas elle qui a commandité cette mission. La firme une organisation du crime sur le modèle du capitalisme, celui du « Marche ou crève », où chaque erreur peut mener à la liquidation et le solde de tout compte.

En opposition à un autre modèle plus familial. Ce qui est étrange, c’est de voir que les libraires appartiennent à cette génération. Le bon équilibre dans tout cela serait de réinstaurer un peu de loyauté dans les affaires. Les libraires en sont le parfait exemple, malgré les différents qui existent entres elles et la mère d’Eva, elles vont décider de mettre leur rancœur de côté pour l’aider elle et Eva.

Cette guerre des générations se traduit également dans le choix des accessoires mis en avant l’écran. Le choix des placements promotionnels de téléphones Motorola à la place de Samsung ou Iphone. Motorola traduit parfaitement l’histoire de ce film, un ancien géant du téléphone qui s’est retrouvé à devenir une marque proposant de l’entré de gamme et milieu de gamme. Même si la marque tente depuis quelques mois de se lancer dans le haut de gamme, cette guerre des générations mobiles exprime la difficulté à survivre sans se battre.

Karen Gillan n’a jamais autant crevé l’écran. Elle est dans son élément et cela se voit, cela se ressent. Son jeu est souvent très énigmatique et troublant : on a toujours l’impression d’être face à un surhomme, enfin une surfemme ! Il y a toujours cette façon d’être à la fois dans l’émotion pure et la retenue. Et cette manière de jouer colle parfaitement à ce personnage, qui a du se construire dans la peine et le traumatisme.

Crédit photo : Studio canal

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