Quand l’Aurore s’invite au Rock


Quand les images du premier grand film américain de Murnau sont synchronisés avec un titre du groupe Ghern, cela donne un mélange étrange et envoutant. 

Le réalisateur F.W. Murnau a commencé City Girl en tant que film muet, dans l’espoir d’être à la hauteur du triomphe artistique de son précédent Sunrise. Murnau était frustré par deux éléments: la décision de Fox de transformer le film en un talkie à la hâte et son incapacité à obtenir les services de la star de Sunrise, Janet Gaynor. Le studio a obligé le réalisateur à remplacer la jolie, mais sans talent, Mary Duncan, apparemment parce qu’elle était la petite amie d’un des cadres de la Fox. Le film qui en résulte est un drame pénible sur le fils d’un agriculteur, Charles Farrell, qui s’installe à Big City, où il tombe amoureux de Duncan, la ramenant chez elle à la rencontre de ses proches. Le père de Farrell, David Torrence, prédit que Duncan sera infidèle, une prophétie qui se réalise apparemment une nuit sombre et orageuse. Inspirée de la pièce de théâtre d’Elliot Lester +, The Mud Turtle, City Girl a une image fascinante ou deux à son actif, mais le film est un effort terriblement ordinaire pour le très imaginatif F.W. Murnau. Le film City Girl de 1938 20th Century-Fox n’est pas un remake.

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Le réalisateur a conçu son dernier film hollywoodien (1930) comme une symphonie pastorale: l’histoire du blé, du champ à la table, qui doit s’intituler Our Daily Bread. Mais l’échec commercial de son chef-d’œuvre, Sunrise, l’oblige à faire de grandes concessions à son producteur, William Fox. Le film a été sérieusement coupé et sorti seulement après l’ajout de séquences sonores, contre la volonté de Murnau. La version actuellement en circulation est une version partiellement restaurée, entièrement silencieuse et une demi-heure de plus que la version d’origine, mais elle est toujours très handicapée. Une partie du génie de Murnau réside dans l’éclairage de plans individuels, et particulièrement dans une séquence lyrique dans laquelle un homme (Charles Farrell), une femme (Mary Duncan) et la caméra de Murnau dansent à travers un champ ensoleillé. Un peu comme l’histoire de ce clip, ovni de la scène française, Ghern promène son flegme comme l’acteur du film de Murnau promène ses pieds avec lourdeur et peine. Qui dit expressionnisme allemand dit combat entre le jour et la nuit, Les Rochers reflète parfaitement ce combat entre un rock sépulcral à la Bashung et une pop à la Daho, le tout sur un style New Wave.

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