Le top 5 des meilleurs jeux vidéos de Noël


C’est un rendez-vous désormais rituel: chaque année avant Noël, j’essaye de faire le tri parmi les très nombreuses sorties de jeux vidéo de la fin d’année. Des dizaines d’heures de test ont été nécessaires pour aboutir à ce classement de 13 nouveautés classées par ordre croissant d’intérêt. Un classement bien évidemment tout à fait subjectif.

5. Cuphead (exclusivité Store Xbox & PC)

Attendu depuis trois longues années, Cuphead est un jeu indépendant qui est sans doute le plus grand choc esthétiques de l’année. Conçu comme un hommage aux Silly Symphonies de Walt Disney (ses premiers courts métrages des années 1930), il joue à fond la carte du vintage dès les premières secondes à base de craquements de vinyle, de pellicule rayée et de musique swing. La direction artistique est extraordinaire, et son exécution étonnante puisque tous les décors du jeu ont été réalisé à l’aquarelle, un parti pris à rebours de toute l’industrie contemporaine, et qui paye… Cuphead a fait l’objet de longs débats sur sa grande difficulté, effectivement très corsée. C’est un platformer exigeant, où l’on meurt et recommence tout le temps, et où les combats avec certains boss usent les nerfs, d’autant qu’aucune barre ou indicateur n’indique si la victoire est proche. Mais la perfection visuelle et sonore de Cuphead en font une véritable profession de foi de la part des deux frères du studio MDHR, et un cadeau pour tous ceux qui ont à coeur de défendre le jeu vidéo comme un art.

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4. Wolfenstein II: The New Colossus(PS4, XBox, PC)

Wolfenstein est une série de jeux de tir dont le troisième épisode a contribué en 1992 (un an avant Doom) à poser les bases du FPS, genre qui compte toujours aujourd’hui parmi les plus populaires, notamment à cause de la série des Call of Duty dont il est question un peu plus haut. D’une histoire basée sur la Seconde guerre mondiale et l’éternel combat contre les nazis, la licence a évolué en dystopie pour son reboot de 2014 (The New Order), imaginant que la Seconde guerre mondiale a été gagnée par les nazis (une idée piquée à l’écrivain Philippe K. Dick). Une extension et trois ans plus tard, voici venir un nouvel épisode qui en constitue la suite, basée en 1961. On y incarne toujours BJ Blazkowiz, personnage récurrent de la saga qui après un coma a rallié la Résistance pour libérer l’Amérique de l’occupant nazi. Le studio Machine Games a pris le temps pour ce nouvel épisode de retravailler largement le gameplay et la personnalisation de l’expérience de jeu, notamment via l’acquisition des compétences ou l’armement considérablement enrichi. Comme tout FPS, Wolfenstein II ne brille pas par sa profondeur puisqu’il ne propose qu’un but: canarder des nazis (ce qui peut, il est vrai, détendre le joueur). Il apporte néanmoins un cadre un peu plus original que la moyenne, un second degré bienvenu (grâce à sa dimension politique inhérente à toute dystopie) et un effort sur le scénario qui surpasse la concurrence. A ne pas mettre en toutes les mains néanmoins, pour cause de violence excessive.

3. Rime (Switch, PS4, XBox, PC)

Un petit garçon se réveille sur une plage, probablement survivant d’un naufrage. Lorsqu’on prend son contrôle, aucune indication contextuelle n’est donnée sur l’écran, qui ne montre que des paysages et une nature foisonnante. L’enfant ne peut d’ailleurs pas faire grand chose, à part courir, grimper, crier ou chanter. Rapidement, en explorant l’île, on découvre un fabuleux monde imaginaire, à mi-chemin entre Grèce antique et nature réinventée par Hayao Miyazaki. Peu à peu, on découvre des objets et des signes qui sont autant d’énigmes permettant d’avancer de surprise en surprise. Rime est un jeu marquant pour sa direction artistique d’une grande poésie: une esthétique sensationnelle (les décors sublimés par un minimalisme bienvenu, le personnage du renard fantomatique qui guide l’enfant) valorisée par une incroyable musique aux pouvoirs hypnotiques. Le long des quelques heures de jeu (assez court), il se passe quelque chose qui est du registre de la pure émotion, à mille lieux des FPS à succès de cette fin d’année. Certes, Fumito Ueda a déjà exploré ces espaces avec plus de génie. Mais Rime est une preuve vivante que le jeu vidéo est une discipline artistique de tout premier plan, et que la production indépendante européenne est capable de proposer des oeuvres uniques. Le jeu paru à la fin de l’été sort en novembre dans une nouvelle version pour la Switch, qui semble être la console parfaite pour vivre ou revivre cette expérience mélancolique.

2. Super Mario Odyssey (exclusivité Switch)

Hormis un jeu anecdotique pour les téléphones Apple et un curieux cross-over avec les Lapins Crétins imaginé par Ubisoft, Mario s’est fait attendre sur consoles pendant cinq longues années. Une stratégie de la rareté orchestrée par Nintendo, qui a toujours profité au personnage le plus connu de l’univers des jeux vidéo: dans les années 1990, sa notoriété était même supérieure à celle de Mickey Mouse auprès des enfants américains… A l’inverse des autres licences à succès fourbissant leur nouveauté annuelle, Nintendo prend le temps pour développer un nouveau Mario, qui ne peut être conçu que comme un jeu au level design parfait. C’est une nouvelle fois le cas, pour un titre qui réinvente complètement les fondamentaux de la licence: monde désormais ouvert, plus d’exploration, un peu moins de challenge (il n’est plus question de recommencer tout un niveau si l’on meurt), et un personnage qui n’a jamais eu autant de mouvements possibles à sa disposition pour évoluer. Une toute nouvelle fonctionnalité liée à la casquette du héros permet de prendre l’identité de très nombreuses créatures et personnages, ce qui offre une grande diversité de jeu. Hélas, le scénario est tout aussi indigent que d’habitude, ce point problématique depuis le premier épisode n’a pas évolué, mais on ne joue pas à Mario pour se voir raconter une histoire. Conçu en 3D, Super Mario Odyssey intègre aussi de très nombreuses phases de jeu de plateforme 2D à l’ancienne, dans un univers pixellisé comme un jeu des années 1980. Sans atteindre les sommets du dernier Zelda, autre réinvention d’un classique Nintendo cette année, Super Mario Odyssey reste une grande réussite qui offre un immense plaisir régressif et rejoint le podium des incontournables de cette fin d’année. Et puis quel autre jeu de cette liste est susceptible de plaire de 5 à 85 ans?

1. Assassin’s Creed Origins(PS4, XBox, PC)

Drôle de sensation avec ce nouvel Assassin’s Creed: tout est pareil, mais tout a changé. La surprise l’emporte sur la familiarité à cause des très nombreuses modifications dans le gameplay et les combats qui rendent le démarrage assez déroutant. La preuve qu’Ubisoft a réagi positivement aux messages de lassitude après le dernier épisode en 2015, lorsque chaque automne apportait son nouvel Assassin’s Creed. Autant dire que, malgré l’attente, on n’attendait pas de retrouver cette série à cette place du classement… Une année supplémentaire a cette fois été exploitée pour revisiter tous les fondamentaux, au point qu’on assiste à une véritable renaissance. Paradoxalement, l’époque choisie: l’Egypte Antique rappelle les débuts de la série, lorsque le premier épisode racontait la troisième Croisade au début du XIIe siècle. Assassin’s Creed Origins remonte bien plus loin (on croise Cléopâtre et Jules César), mais le décorum et ses déserts y fait agréablement écho. Au-delà de l’évolution spectaculaire des mécaniques du jeu, il reste la stupéfaction et le saisissement du joueur devant des paysages d’une infinie beauté, et le rêve pour l’amateur d’histoire que constitue cet impressionnant voyage dans le temps. Si Ubisoft échoue une nouvelle fois à créer un personnage aussi charismatique qu’Ezio (dans le deuxième épisode), voici quand même, et c’est heureux, l’un des meilleurs épisodes de cette déjà longue série. Deux raisons à cette insolente réussite: la précision de la reconstitution, où les meilleurs historiens et artistes ont été mis à contribution, et la profondeur de jeu inouïe entre missions parallèles à foison et un champ d’exploration qui semble aussi infini que celui du chef d’oeuvre incontestable de cette année: Zelda: Breath of the Wild.

BONUS : Star Wars Battlefront 2 (PS4, XBox, PC)

Star Wars Battlefront 2 est un jeu compliqué à chroniquer, dans la mesure où la richesse de ses contenus a été bridée, initialement pour provoquer l’acquisition de ceux-ci par micro-paiements. Lorsqu’il a été dit, un peu avant la sortie, que pour accéder à la totalité du jeu (qui coûte quand même 70 euros à l’achat) il faudrait débourser plus de 2 000 dollars ou jouer… 4500 heures pour tout débloquer, la tempête s’est abattue sur l’éditeur, qui a été contraint à se confondre en excuses, avant de voir s’ouvrir une enquête en Belgique pour des faits considérés comme relevant peut-être de l’escroquerie. De fait, les micro-transactions sont aujourd’hui désactivées (tant mieux) mais on ne sait toujours pas comment seront débloqués les personnages, les armes et les fonctionnalités nécessaires pour profiter de tout le jeu. La polémique est telle que celui-ci aurait vu ses ventes baisser de 61% par rapport au premier épisode lors de son lancement selon le site GamesIndustry, soit une catastrophe industrielle. Pourtant, après quelques heures passées sur Star Wars Battlefront 2, il faut avouer qu’il est excellent. La campagne solo tout d’abord (un mode absent du premier épisode) raconte pendant quelques heures une histoire qui s’imbrique parfaitement entre la première et la troisième trilogie de films. Il y a bien quelques facilités de scénario, mais la cohérence avec l’univers pensé par George Lucas est totale, grâce à une collaboration artistique initiée par Disney entre les studios responsables des films et des jeux. Quand aux modes multijoueurs, ils sont nombreux, et aussi réussis qu’excitants (avec une mention particulière pour les combats spatiaux, sans équivalent chez la concurrence). Reste le sentiment d’un beau gâchis: espérons qu’il fera réagir les éditeurs de jeux de plus en plus tentés par les arnaques à coup de DLC inutiles et de micro-transactions, désormais trop systématiques.

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