Nobody 2 – Il pensait passer des vacances tranquilles… Mais rien ne va !


Hutch Mansell pensait offrir des vacances tranquilles à sa famille, mais un parc d’attractions devient le théâtre d’un déchaînement de violence. Entre humour noir, action survitaminée et méchants mémorables, Nobody 2 confirme que la nature violente ne disparaît jamais vraiment.


Quatre ans après ses démêlés sanglants avec la mafia russe, Hutch Mansell pensait pouvoir offrir à sa famille des vacances tranquilles. Mais au parc d’attractions de Plummerville, les réjouissances virent rapidement au chaos : un directeur corrompu, un shérif ambitieux et la criminelle la plus détraquée qu’il ait jamais croisée vont transformer son séjour en champ de bataille. Entre humour noir, action frénétique et scènes explosives, Nobody 2 repousse les limites du premier opus, porté par Bob Odenkirk dans une forme olympique, et orchestré par le réalisateur Timo Tjahjanto, figure du cinéma d’action extrême indonésien.


Nobody 2, la suite d’un film culte

Hutch Mansell (Bob Odenkirk) tente de rembourser une dette colossale en exécutant des contrats douteux, au détriment de sa vie de famille. Pour se reconnecter avec Becca (Connie Nielsen) et leurs enfants, Brady et Sammy, il décide d’un séjour improvisé à Plummerville, haut lieu de ses souvenirs d’enfance. Mais le rêve se brise dès l’arrivée : une altercation attire l’attention de Wyatt Martin (John Ortiz), propriétaire véreux du parc, du shérif Abel (Colin Hanks) et surtout de Lendina (Sharon Stone), cheffe criminelle impitoyable. Aidé de son père David (Christopher Lloyd) et de son frère Harry (RZA), Hutch va devoir naviguer entre attractions, fusillades et règlements de comptes. Timo Tjahjanto signe un film estival haut en couleur, où la brutalité s’invite au milieu des décors kitsch d’un parc aquatique, tandis que la BO de Dominic Lewis mêle blues rock, country et clins d’œil musicaux inattendus.

Nobody 2 © 2025 Universal Studios. All Rights Reserved.

Nobody 2 est une grenade dégoupillée prête à exploser !

Si on aime John Wick, Novocaine et tous ces films d’action, ici nous sommes comblés : l’humour décalé, le rythme et la bande-son rock sont au rendez-vous, ce second opus des aventures de Nobody est parfait !

On passe un excellent moment sans prise de tête : les différents personnages secondaires, aussi bien que les antagonistes, sont certes très sommaires, mais ils répondent aux attentes et promesses d’un film d’action où les coups de poing martèlent le rythme.

Dans Nobody 2, la trajectoire de Hutch Mansell illustre une vérité souvent explorée dans la culture populaire : lorsqu’on a développé un talent pour la violence, il ne disparaît jamais vraiment. Qu’il s’agisse de John Wick, contraint de ressortir ses armes après une retraite forcée, ou du père de famille incarné par Viggo Mortensen dans A History of Violence, dont le passé sanglant refait surface malgré une vie rangée ; ces récits rappellent qu’un tel savoir-faire, acquis dans des circonstances extrêmes, reste enfoui, mais prêt à ressurgir. Hutch partage cette fatalité. Sa nature explosive, que le premier film avait révélée au grand jour, ne peut être simplement remisée au placard, même lorsqu’il promet à sa famille de lever le pied.

Le réalisateur insiste sur cet aspect : Hutch est « l’incarnation même de l’approximatif » dans ses méthodes, mais aussi un homme qui prend un plaisir assumé à punir les méchants. Le mettre en vacances, loin de le calmer, ne fait que créer un terrain fertile aux débordements. La mise en scène de Timo Tjahjanto amplifie ce paradoxe en associant un décor de parc aquatique aux éclats brutaux de combats improvisés, un peu comme si la violence se frayait toujours un chemin, quel que soit l’environnement. Dans l’imaginaire collectif, de Tony Montana à Beatrix Kiddo, l’aptitude au carnage est une seconde nature : elle peut sommeiller, mais elle reste prête à exploser au moindre détonateur. Pour Hutch, ce déclencheur tient souvent à une menace sur sa famille — et face à ce danger, peu importe le vernis de normalité, l’homme de main reprend le dessus, transformant un banal séjour en champ de bataille.

Nobody 2 © 2025 Universal Studios. All Rights Reserved.

Les anecdotes et choses à savoir sur le film

Le tournage de Nobody 2 s’est déroulé sur 35 jours à Winnipeg et dans ses environs, au Manitoba. Le chef décorateur Michael Diner s’est inspiré des bourgades du Midwest comme Wisconsin Dells pour recréer Plummerville, entre façades rétro, salle de jeux et parc aquatique Lilac Resort. Ce décor a été pensé pour être interactif et résister aux scènes d’action, jusqu’aux explosions au milieu des manèges.

Côté cascades, Greg Rementer et son équipe ont chorégraphié treize combats distincts, avec des séquences mémorables comme une bagarre sur un duckboat ou un duel à la machette entre Harry (RZA) et Kartoush (Daniel Bernhardt). Bob Odenkirk s’est préparé intensivement, s’entraînant deux fois par jour avec Bernhardt et l’ex-tireur d’élite Mark Semos. Fidèle au style « approximatif » de Hutch, l’acteur a demandé à rendre certaines bagarres moins parfaites pour garder leur côté brut.

La photographie, signée Callan Green, tranche avec l’ambiance hivernale du premier film : ici, couleurs saturées, lumière estivale et références à Paris, Texas ou Sexy Beast renforcent la dualité entre atmosphère enjouée et menace latente. La musique de Dominic Lewis apporte une touche encore plus décalée, alternant jazz, blues rock et reprises iconiques comme Ring of Fire de Johnny Cash, fil rouge sonore du film.


Vous n’avez pas vu le premier film ?

Si Nobody 2 peut se savourer sans avoir vu le premier opus, connaître les origines de Hutch enrichit l’expérience. Dans Nobody (2021), Hutch Mansell mène une vie banale en banlieue, jusqu’au jour où un cambriolage le pousse à révéler sa véritable nature : ancien agent d’élite pour une organisation secrète, il excelle dans l’art de neutraliser ses adversaires. Ce retour à la violence attire sur lui Yulian, chef de la mafia russe, entraînant une escalade de confrontations sanglantes. Aidé de son père David et de son frère Harry, Hutch finit par éliminer ses ennemis et révéler sa double vie à Becca.

Le deuxième film reprend trois ans plus tard : sa famille sait désormais qui il est et tolère ses activités, mais son travail accapare tout son temps. Le séjour à Plummerville devait être une parenthèse familiale… avant que le tempérament explosif de Hutch ne provoque une nouvelle tempête. Voir le premier film permet d’apprécier les dynamiques familiales, l’évolution de Hutch, ainsi que les liens complices avec son père et son frère, déjà mis en valeur lors du combat final du premier opus.


Avec Nobody 2, Bob Odenkirk et Timo Tjahjanto livrent un divertissement estival survitaminé qui assume pleinement son ADN : humour noir, action inventive et personnages hauts en couleur. Plus spectaculaire et plus sanglant que le premier, le film ose des scènes folles dans des décors inattendus, sans perdre de vue le cœur de l’histoire : la famille. Les fans du premier retrouveront l’esprit irrévérencieux qui avait séduit, tout en découvrant de nouvelles figures marquantes comme Lendina, incarnée par une Sharon Stone jubilatoire. Entre bastons sur un duckboat, explosions au parc aquatique et bande-son déjantée, Nobody 2 s’impose comme un plaisir coupable à savourer sans modération.

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Note : 5 sur 5.

13 août 2025 en salle | 1h 29min | Action, Comédie
De Timo Tjahjanto | 
Par Derek Kolstad, Aaron Rabin
Avec Bob Odenkirk, Connie Nielsen, Christopher Lloyd


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