Erin Hall est une artiste singulière, touche-à-tout et profondément humaine. Basée à New York, elle s’est d’abord fait connaître sous le nom Erin and Her Cello, mêlant musique, humour et sensibilité avec un style inclassable. Violoncelliste, chanteuse et compositrice, elle navigue entre les genres avec une aisance rare, du jazz à la pop orchestrale, en passant par des influences latines ou françaises. Toujours en quête de sens et d’émotion vraie, elle tire son inspiration de la nature, de la ville et des liens familiaux. Avec Lullaby of 55, elle livre une œuvre intime et poignante, dédiée à son père disparu, tout en continuant de creuser son sillon unique dans la scène indépendante.
Aérienne tel un pétale au vent, Lullaby of 55 nous emporte dans la nostalgie
Avec « Lullaby of 55 », Erin Hall transforme la douleur intime en une offrande douce et pudique. La chanson trace une route émotionnelle où chaque tournant est une nuance de l’amour, du deuil et de l’héritage. En choisissant la forme d’une berceuse, elle détourne la tradition enfantine pour l’appliquer à la fin de vie, inversant les rôles dans un geste profondément tendre. Ce n’est pas un simple hommage : c’est une façon personnelle et sincère de dire l’indicible. On y sent une artiste qui ne décrit pas la peine, mais qui l’habite, la traverse, et la chante avec une simplicité désarmante. L’émotion ne jaillit pas de l’excès, mais du détail juste, du silence entre deux notes, du poids des souvenirs dans les respirations.
Ce qui distingue « Lullaby of 55 », c’est sa capacité à proposer une lecture douce des sentiments complexes, sans jamais tomber dans le pathos. Erin Hall fait des autres – sa sœur, son mari, son père disparu – des points d’ancrage pour se comprendre elle-même. Elle n’utilise pas les comparaisons pour se valoriser ou se plaindre, mais pour trouver sa place dans une histoire plus grande.
En filigrane, c’est toute une manière d’habiter l’existence qui se dessine : entre attachement aux lieux, mémoire des gestes simples, et foi discrète en la musique comme refuge. Ce chant n’est pas seulement pour Richard, il est pour toutes les douleurs qu’on apprivoise à voix basse, quand le monde continue de tourner.
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