Avec « Who’s That Girl », Olivia Henry signe un retour aussi saisissant que viscéral. À la frontière entre confession intime et miroir social, elle creuse la faille entre l’image fantasmée qu’on projette sur elle et la réalité plus rugueuse de son identité. Sur une production organique, envoûtante et hantée par des arrangements live d’une grande finesse, Olivia explore le vertige d’être d’abord idéalisée, puis rejetée pour avoir simplement osé être soi. Ce titre, co-écrit avec Garen Gueyikian, frappe par sa sincérité désarmante : il parle à toutes celles et ceux qui ont un jour senti leur lumière s’éteindre sous le poids des attentes des autres.
Olivia Henry est une artiste pop cinématographique basée à Los Angeles, dont la voix puissante et la sensibilité musicale puisent autant dans l’opéra classique que dans la soul rétro. Révélée en 2014 avec l’EP Sessions, elle voit sa trajectoire freinée par une série de diagnostics auto-immuns. Mais loin de l’écarter de la musique, cette épreuve nourrit son art. Son album Expectations (2020) marque un retour audacieux, mêlant vulnérabilité et intensité, dans la lignée d’artistes comme Florence + The Machine ou Sia. Olivia transforme ses douleurs en force créative : chaque morceau est une catharsis, une mise à nu. Avec ses nouvelles chansons, elle s’impose comme une voix libre et habitée, capable de faire résonner l’intime au cœur d’arrangements grandioses.
Une radiographie sans filtre de l’identité féminine moderne
La chanson « Who’s That Girl » d’Olivia Henry frappe d’emblée par sa frontalité émotionnelle, où chaque mot résonne comme une tentative de se réapproprier une identité éclatée. Olivia ne cherche ni l’élégance ni le consensus : elle expose les contradictions, les fêlures, les colères rentrées, en les livrant telles qu’elles surgissent dans le désordre d’un esprit en quête de sens. Il ne s’agit pas de faire joli, mais de dire vrai. Dans cette manière brute de poser les mots, elle ouvre un espace rare : celui d’une émotion non filtrée, non marketée, qui refuse les codes attendus d’une sensibilité féminine docile ou d’une résilience obligée. On est face à une radiographie d’âme sans anesthésie.
Ce qui rend ce titre aussi percutant, c’est qu’il ne choisit jamais entre la fragilité et la lucidité : il garde les deux en tension constante. Olivia Henry parle d’elle, mais surtout de ce que les autres projettent sur elle — de cette image qu’on construit à coups de jugements, de normes sociales et de désirs collectifs. Elle déconstruit le mythe de la fille parfaite en montrant comment le regard extérieur façonne une version d’elle-même qu’elle ne reconnaît plus. Dans un monde obsédé par l’apparence, où chaque émotion doit se plier aux standards de la popularité, cette chanson devient un manifeste : pour une parole libre, imparfaite, viscérale, et résolument personnelle.
On a aimé cette chanson pour la voix de l’artiste, pour l’atmosphère qui rappelle les années 90 et début 2000. Une chanson authentique. Olivia Henry y livre une interprétation habitée, à la fois fragile et puissante, dans un univers sonore où chaque instrument semble respirer. C’est à la fois brut et soyeux, comme une blessure qu’on accepte enfin de regarder en face. Une réussite rare, qui touche sans artifice et reste en tête longtemps après l’écoute.
En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

