Le dossier MALDOROR de Fabrice Du Welz est un thriller noir, un plongeon dans la guerre des polices avant la réforme belge. Anthony Bajon campe un jeune gendarme en quête de justice. Envers et contre tous, c’est un peu comme cela que le code de mission MALDOROR pourrait se résumer. Des policiers voulant agir dans un pays en pleine réforme administrative.
Un film dans lequel l’espoir existe, mais difficile à saisir
Face à ce monde qui tombe en lambeaux, il y a cette compagne incarnée par Alba Gaia Bellgi (Inexorbale, Into The Night), symbolisant un idéal et une paix possible. Cependant, le film dévoile le quotidien écrasant physiquement et psychologiquement, comment dormir tranquille quand on a en tête des millions d’images et de questions. Fabrice Du Welz arrive à offrir une ambiance lourde et pesante, on reste en apnée durant plusieurs séquences, espérant une meilleure issue à notre optimiste désabusé.
Entre corruption, réformes des polices, le corps judiciaire ne devrait jamais oublier leur devoir envers les victimes et les faibles.

Une guerre d’égo des polices – Quand on oublie sermon de défendre les plus faibles ?
Ce film belge plonge le spectateur dans une affaire criminelle troublante inspirée de faits réels. Se déroulant en Belgique en 1995, le film suit Paul Chartier, un jeune gendarme idéaliste qui se retrouve impliqué dans une enquête sur la disparition de deux jeunes filles. Cette œuvre ambitieuse et dense explore les dysfonctionnements du système policier et judiciaire belge, tout en offrant une réflexion profonde sur la nature du mal et ses ramifications dans la société.
Le film met en lumière la problématique d’une société où l’ego et les rivalités entre services de l’État compromettent leur mission de protection des plus vulnérables. À travers le personnage de Paul Chartier, nous assistons à la confrontation entre l’idéalisme d’un jeune gendarme et la réalité d’un système policier dysfonctionnel. La frénésie médiatique entourant l’affaire et les pressions politiques exacerbent les tensions entre les différents services, conduisant à des erreurs et des négligences qui mettent en péril l’enquête et, par extension, la sécurité des victimes potentielles.

La descente de Paul Chartier dans l’obsession révèle comment l’ego personnel peut interférer avec le devoir professionnel. Son désir de résoudre l’affaire à tout prix le pousse à agir seul, illustrant les dangers d’une approche individualiste dans un système qui devrait fonctionner de manière collaborative. Cette dynamique met en évidence la tension entre la quête de reconnaissance personnelle et la nécessité d’un travail d’équipe efficace pour protéger les citoyens. Mais le corps du métier en lui-même est pris dans une guerre d’Ego des différents services. La vraie question est : qui a raison dans cette histoire ? Ceux qui agissent ou ceux qui suivent le mouvement ?
Le dernier acte du film, qui bascule dans une forme d’uchronie, soulève des questions éthiques sur la manière dont la société traite ses traumatismes collectifs. En extrapolant de manière fictive sur une affaire aussi sensible, le réalisateur propose une réflexion sur le besoin de catharsis face à l’injustice, tout en interrogeant les limites morales de cette approche. Cette partie du film illustre comment l’ego collectif d’une nation peut chercher à « réparer » son histoire, même au prix d’une distorsion de la réalité, révélant ainsi les tensions entre le désir de justice et le respect de la vérité historique.
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15 janvier 2025 en salle | 2h 35min | Policier, Drame, Thriller
De Fabrice Du Welz |
Par Fabrice Du Welz, Domenico La Porta
Avec Anthony Bajon, Alba Gaia Bellugi, Alexis Manenti
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Une réflexion sur “Le dossier MALDOROR, le thriller noir de ce début d’année”