Un cri rock contre les injonctions sociales et les carrières toutes tracées. Six Feet Under impose une énergie brute, portée par une voix déterminée et des guitares incisives. Un hymne à la liberté, à vivre intensément, loin des modèles imposés.
Avec Six Feet Under, Marie B’ and the Raccoon signe un morceau frontal et viscéral. Dès les premières lignes, les paroles de la chanson posent un malaise intérieur, une sensation d’étouffement dans une « cage » que l’on aurait soi même construite. Puis la tension s’élève, portée par une batterie nerveuse et des guitares électriques assumées. L’ensemble dessine un manifeste générationnel, entre colère et affirmation de soi, où la jeunesse refuse d’être sommée de rentrer dans le rang.
Marie B’ and the Raccoon est né à l’Université, dans une Licence d’anglais. Le Raccoon, musicien sans groupe depuis un moment, cherchait à bâtir un véritable projet. De son côté, Marie B’ publiait quelques reprises sur Soundcloud, sans ambition précise, jusqu’à ce que sa voix attire son attention.
Depuis, les deux amis sont devenus inséparables. Leur complicité musicale s’appuie sur des goûts éclectiques, allant du hard rock, rock et metal à l’indie, pop ou folk. Cette amitié a donné naissance à un premier EP, Dusk to Dawn, et un second est en préparation avec une volonté affirmée de remettre le rock au centre, chaque chanson étant amplifiée par les guitares électriques et la voix singulière de Marie B’.
Les paroles de la chanson expriment un refus clair des attentes sociales. On y entend la pression d’un modèle unique, carrière stable, famille nucléaire, intégration dans un système capitaliste présenté comme inévitable. Face à cela, la narratrice revendique le droit d’expérimenter, d’essayer encore, de vivre pleinement tant que tout n’est pas terminé. Le refrain martèle cette volonté de continuer, de ne pas se taire, de ne pas « move on » sous la contrainte. Il s’agit d’un hymne à l’autodétermination.
Une production Rock très moderne avec une force vocale indéniable ! La structure du morceau repose sur une montée progressive, où la frustration initiale se transforme en affirmation combative. La voix de Marie B’ traverse le mix avec intensité, sans être écrasée par les guitares. Les riffs électriques apportent une tension constante, presque urgente, qui épouse le thème du refus d’abandon. L’équilibre entre énergie brute et clarté mélodique donne au titre une dimension actuelle, ancrée dans son époque tout en restant fidèle aux codes du rock alternatif.
Le texte du morceau joue sur l’opposition entre enfermement et liberté. La « cage » évoquée au début symbolise l’auto-sabotage, mais aussi les normes intériorisées. À mesure que le refrain revient, la posture évolue vers une proclamation de vie. « I’m gonna rock this world ‘til I’m six feet under » sonne comme une déclaration existentielle, vivre intensément jusqu’au bout. Les guitares du Raccoon répondent à la voix comme un écho déterminé, renforçant l’idée que la rébellion peut être collective, partagée, presque contagieuse.
En filigrane, Six Feet Under s’impose aussi comme un véritable anthem enragé contre les attentes normatives. Qui décide qu’il faudrait impérativement se stabiliser, construire une carrière linéaire et fonder une famille selon un schéma figé ? La réponse apportée ici est limpide : vivre et laisser vivre. La détermination vocale de Marie B’ trouve son miroir dans la puissance des guitares du Raccoon, comme si chaque accord venait appuyer ce refus d’être assigné à une trajectoire unique. Cette tension entre pression extérieure et affirmation personnelle donne au morceau une portée plus large que la simple colère. Il devient un manifeste pour celles et ceux qui refusent de voir leurs élans réduits à des normes économiques ou sociales, et qui revendiquent le droit d’exister selon leur propre rythme.
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