GERVAISE avance comme une Jeanne d’Arc pop, en première ligne de ses guerres intimes. Elle lâche peu à peu l’armure, accepte les failles, regarde ses excès en face. Un disque vulnérable, tendre et parfois brut, porté par une guerrière fragile.
GERVAISE n’est pas un nom de scène. C’est son vrai prénom, et il dit déjà beaucoup. Quelque chose d’assumé, de frontal, presque d’anachronique, qui refuse le déguisement. Son univers navigue entre pop, électro et influences urbaines, avec un ancrage très chanson dans l’écriture. Elle cultive une dualité constante, exigeante et sensible, directe et pudique, instinctive et maîtrisée.
Avec l’EP CHAIR TENDRE, elle a posé les bases de son identité artistique. Elle y parlait du corps, du féminin, des complexes, des ratés, sans posture victimaire ni slogan facile. Une parole incarnée, qui a trouvé un écho dans de nombreux médias, de Tsugi à Francofans, en passant par Simone, Longueur d’onde ou le JDD. Sur scène, plus de 100 dates ont confirmé que cet espace est pour elle une véritable safe place, un lieu où ses paradoxes se transforment en force.
Lauréate du Mans Pop Festival 2023 avec trois prix, elle a également marqué d’autres tremplins majeurs. Depuis janvier, elle prolonge cette réflexion intime avec un podcast où elle invite ses interlocuteurs à parler de leur histoire de corps, sans détour ni faux-semblant. Chez elle, les mots restent toujours reliée au vécu.
Un nouveau chapitre, LA PUDEUR.
Avec LA PUDEUR, GERVAISE franchit un cap. Là où l’EP esquissait déjà des brèches, l’album accepte de les ouvrir pleinement. Elle y abandonne un peu plus la retenue pour comprendre ses failles, ses élans, ses contradictions. Il n’est plus question de tenir le masque ou l’armure, mais de faire le point sans se défiler, quitte à exposer ce qui dérange.
L’album raconte les gens qu’elle aime, les batailles qu’elle mène, et cette quête de sens qui traverse chaque morceau. La pudeur n’est pas ici une protection, mais un territoire à explorer, parfois à dépasser. Musicalement, le projet assume des contrastes, entre douceur et aspérités, entre mélodies accessibles et textures plus brutes. Cette tension constante donne au disque une profondeur émotionnelle singulière.
LA PUDEUR s’impose comme un album de mise à nu, jamais complaisant, toujours incarné. Un disque qui parle de vulnérabilité sans faiblesse, de fragilité sans renoncement. GERVAISE y confirme sa place d’artiste complète, capable de transformer l’intime en matière universelle, et de faire de ses guerres intérieures un territoire artistique cohérent et profondément humain.
https://kuronekomedia.lnk.to/LaPudeur
Notre coup de cœur dans l’album : Journal intime
Le titre qui ouvre l’album fonctionne comme une carte d’identité à rebours. Journal intime ne cherche pas à séduire ni à poser un décor flatteur. Il annonce d’emblée une vie à contre courant, refusant les trajectoires balisées, les attentes sociales, les injonctions à rentrer dans le rang. Se présenter, ici, ne consiste pas à aligner des faits, mais à exposer ce qui dérange, ce qui déborde, ce qui penche. Le jeu de mot du titre est central : ce journal n’est pas seulement intime, il est à lire entre les lignes. Tout ce qui n’est pas dit frontalement affleure dans les silences, les contradictions, les aveux bruts.
La chanson pose une rupture nette avec la logique de possession. On en a marre d’avoir, de cocher des cases, d’accumuler des preuves de réussite. Ce qui compte désormais, c’est être. Être bancale, être contradictoire, être en colère ou fatiguée. Cette posture devient aussi une critique directe du système musical contemporain, où les data, les chiffres, les photos et les followers prennent trop souvent la place du contenu, ou du fond. GERVAISE met en scène l’épuisement de devoir prouver sans cesse sa valeur à des professionnels qui regardent davantage les statistiques que la sincérité.
Le choix du prénom n’est pas anodin. GERVAISE résonne comme un prénom de révolte, presque archaïque, associé à une condition difficile, à une lutte sociale et intime permanente. Le final l’affirme sans détour : le combat est inscrit dans le nom. Musicalement, la production est dense, tendue, presque suffocante, soutenant une voix qui, sur le refrain, évoque par instants Mylène Farmer dans sa manière de suspendre l’émotion, de la rendre fragile et tranchante à la fois. Journal intime s’impose ainsi comme un manifeste d’ouverture, une déclaration d’indépendance intérieure, et une entrée en matière sans compromis pour l’album.
Gervaise est une héroïne moderne, non pas féministe pour l’étendard, mais qui défend la marginalité et le droit d’être soi, tel que l’on est malgré nos différences et nos combats intérieurs ou passés.
En filigrane de LA PUDEUR, GERVAISE s’impose comme une héroïne moderne. Pas une figure féministe brandissant un étendard, mais une artiste qui se bat pour plus large qu’elle, en défendant la marginalité et le droit d’être soi, tel que l’on est, malgré nos différences et nos combats intérieurs ou passés. Elle avance sans masquer les fêlures, sans lisser les contradictions, en portant un message qui résonne chez celles et ceux qui se sentent hors cadre. Sa force ne réside pas dans la posture, mais dans la persistance. Dire ce qui fait mal, ce qui déborde, ce qui résiste, devient un acte de partage. GERVAISE rappelle qu’exister autrement, avec nos cicatrices et nos fragilités, n’est pas une faiblesse, mais une forme de courage lucide et profondément humain. Elle peut-être une femme, une icône ou simplement l’ombre de nos failles universelles. Mais être vivant et humain demeurent encore le meilleur des programmes ! Rien que pour l’amour des maux, on vous conseille également Je vais bien ! une autre pépite.
En effet, une chanson vraie, authentique et qui colle à la peau. Elle rappelle l’univers de Françoise Hardy par sa simplicité mélodique, son intimité feutrée, et cette manière douce de dire la mélancolie sans l’exagérer. Le choix des mots est dépouillé, presque quotidien, ancré dans le salon, le canapé, la pluie. Pourtant, les thèmes sont résolument modernes : fatigue émotionnelle, perte de repères, peur de l’âge adulte, pensées sombres assumées sans romantisation. Le contraste entre lumière extérieure et trouble intérieur crée un pont entre chanson d’hier et lucidité d’aujourd’hui. Et on aime ça, on se laisse séduire, bercer.
Gervaise sera en release party ce 30 janvier 2026 | réservation.
FAME: LE SINGLE DE GERVAISE QUI ANNONCE SON ALBUM
Découvrez Fame, le nouveau single électro-pop de Gervaise, cri viscéral qui annonce son premier album prévu le 16 janvier 2026.
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