Artson – Je ne sais plus



Avec Je ne sais plus, Artson livre une chanson touchante sur la perte de repères et l’envie de tenir bon malgré le doute. Une ballade qui évoque la mélancolie sans tomber dans le pathos.



Entre ballade pop et confession retenue, Je ne sais plus d’Artson explore l’intimité d’un malaise intérieur avec pudeur. Sans emphase, il évoque le doute, les larmes, le sentiment d’étrangeté à soi, tout en laissant entrevoir une volonté fragile d’avancer. La chanson agit comme un miroir discret, une halte dans le tumulte.

Originaire de Nice, Quentin Morant développe sous le nom d’Artson un univers musical aux multiples visages, du classique à la pop en passant par la musique de film. Pianiste, auteur, compositeur, il inscrit chaque titre dans une émotion précise, comme un épisode d’une série personnelle. Je ne sais plus s’inscrit dans sa veine pop-folk, dans la lignée des artistes tels que Calogero ou Chris Martin, mais sans chercher à copier. C’est dans cette approche sincère, alliée à une production fine et épurée, que se distingue son style. Ce morceau en particulier adopte une esthétique maîtrisée, où la retenue émotionnelle se conjugue avec un sens du crescendo, sans jamais forcer l’intensité.

Le trouble existentiel comme point de départ

Dans Je ne sais plus, Artson aborde l’émotion non pas comme une tempête, mais comme une brume persistante. Les paroles évoquent un sentiment diffus d’être en décalage avec soi-même, un vertige intime face au passage du temps. Il convoque l’image d’une photo d’ado ou d’une pierre que l’on jette, en écho subtil à Michel Legrand. Ce sont des choix d’images simples, mais puissants, qui traduisent une perte de repères douce-amère. L’artiste ne cherche pas à faire spectacle de la douleur, il la dessine à travers des souvenirs et des sensations fugaces, comme on entrouvre un journal intime. L’émotion est exploitée avec humilité, presque comme un écho intérieur. Ce traitement rend la chanson profondément humaine, plus proche d’une confidence que d’un manifeste.

La singularité de la chanson repose sur son équilibre : entre fragilité et volonté, entre retenue et sincérité. La montée musicale accompagne une sorte de révélation sans fracas : la prise de conscience qu’avancer malgré tout est déjà un acte de résistance. Le souffle, la prosodie, les silences deviennent les alliés du propos. Il ne s’agit pas d’une libération cathartique, mais d’une acceptation lucide. Les larmes sont là, mais elles n’éteignent pas la lumière. L’émotion mène ici à une clarté douce, ni définitive ni dramatique, mais précieuse. Cette mise en scène maîtrisée de la sensibilité fait de Je ne sais plus un morceau à la fois universel et singulier. La chanson laisse une trace, une impression flottante, comme un soupir retenu au bord des lèvres. Finalement, l’émotion agit comme un révélateur discret.




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