Une chanson aux allures de ballade country-rock qui évoque le besoin vital de partir, de fuir un lieu devenu trop étroit pour ses rêves. Outta Here d’Odd Marshall est un cri intérieur, celui d’un jeune homme prêt à tout quitter pour se reconstruire ailleurs.
Avec Outta Here, Odd Marshall signe un morceau brut, à la fois mélodique et lucide, dans lequel il explore la nécessité de couper les ponts pour enfin respirer. Portée par une instrumentation bluesy et une urgence sous-jacente, cette chanson devient un hymne intime à la fuite salvatrice. Le départ y est moins une fuite qu’un acte fondateur.
Une personnalité forgée entre cinéma, voyage et souvenirs
Odd Marshall est un artiste au parcours atypique. D’abord attiré par le cinéma, il quitte sa petite ville natale pour Londres, puis parcourt l’Inde, la Chine, le Canada et les États-Unis, travaillant tour à tour comme réalisateur, écrivain et scénariste. Ce n’est qu’après un grave accident de voiture qu’il revient à la musique, comme à un ancrage vital. Son premier album Sand & Glue posait les bases d’un univers introspectif. Le second, Seconds, renforce cette démarche avec l’aide de musiciens emblématiques comme Rami Jaffee (Foo Fighters) ou les membres de Blind Melon. Si Outta Here a vu le jour à l’adolescence, elle trouve aujourd’hui une résonance nouvelle, plus mature, dans le contexte du disque. Loin de l’Americana de façade, Marshall travaille une matière brute et personnelle. Chaque note semble s’inscrire dans une mémoire affective : celle d’un adolescent rebelle devenu adulte lucide. Cette chanson fonctionne alors comme un pont entre les aspirations adolescentes et le regard de l’homme revenu de tout. Elle incarne un moment-clé dans le récit d’un artiste qui a longtemps cherché sa place avant d’oser partir.
Quand la douleur devient moteur…
Dans Outta Here, la parole devient l’espace d’un règlement de comptes avec l’immobilisme. Odd Marshall dépeint un rapport complexe à l’enfermement émotionnel : celui d’un lien toxique, d’une ville trop petite, d’un soi-même qui doute. Mais au lieu de verser dans le désespoir, il choisit l’action : partir. La répétition du vers « It’s gonna get ugly but that’s the way that it’s got to be » agit comme un mantra. Il ne cherche pas à enjoliver le départ, ni à l’excuser. Il assume que la rupture, si salutaire soit-elle, est douloureuse. L’originalité de sa démarche repose sur le fait qu’il ne glorifie ni l’amour ni la fuite. Il évoque un point de bascule, celui où rester devient plus destructeur que tout quitter. Les images sont dures, directes (« I’ve been beat up and bruised, borrowed and used ») mais jamais plaintives. Elles traduisent un parcours de prise de conscience irrémédiable. L’artiste ne demande pas d’empathie : il invite à regarder la vérité en face, sans filtre. Cette lucidité est au cœur de sa poésie. Le départ n’est pas une fuite du passé, mais une fidélité à soi, à ses rêves, à ses limites. C’est en cela que Outta Here touche autant : elle nomme ce que beaucoup taisent.
La force de Outta Here réside dans sa capacité à faire le lien entre expérience intime et résonance collective. En évoquant l’adolescent qui rêve d’ailleurs, Odd Marshall crée une figure universelle : celle de celui ou celle qui, un jour, sent qu’il n’y a plus rien à attendre de son entourage ou de son environnement. Cette chanson dépasse alors le cadre d’une simple rupture amoureuse ou d’un déménagement. Elle devient le reflet d’une tension intérieure entre résignation et libération. La production sobre et organique sert ce propos avec justesse. Les guitares bluesy, le tempo lent, les respirations dans l’interprétation créent un climat de tension retenue, comme si la chanson elle-même hésitait à exploser. Le refrain, martelé comme un cri intérieur, incarne ce moment où l’on ne demande plus l’avis de personne. Marshall met en scène la fatigue, mais aussi la renaissance : « One more day would feel like another year » n’est pas qu’un vers, c’est une ligne de vie. Cette chanson pourrait illustrer un divorce, un burn-out, un coming-out ou même un changement de cap professionnel. En cela, elle s’adresse à chacun de nous. Outta Here n’est pas seulement un témoignage, c’est une autorisation : celle de choisir, même tard, la voie qui nous correspond. En finalité, cette chanson agit tel un exutoire personnel et un geste universel !
On donne que très rarement sur notre blog les crédits, mais les voici, car ils sont incroyables !
Album Credits for Odd Marshall – Seconds
All songs written by Odd Marshall
Produced and Mixed by Christopher Thorn
Engineered by Devlin Thorn
Recorded at Fireside Studios in Joshua Tree, CA
Mastered by Philip Shaw Bova
Additional Mixing by RHC Music
Executive Produced by Scott Pielsticker
Odd Marshall – acoustic guitar
Jon Ossman – bass
Denny Weston Jr. – drums
Rogers Stevens – electric guitar
Christopher Thorn – electric guitar, piano, organs
Rami Jaffee – piano, organs
Mathias Schneeberger – clavinet
Un projet en collaboration des plus grands noms du rock
Outta Here s’inscrit dans un projet d’envergure qui réunit plusieurs figures majeures du rock alternatif. Autour d’Odd Marshall, on retrouve Rogers Stevens et Christopher Thorn, tous deux membres de Blind Melon, groupe culte des années 90. Thorn assure la production et le mixage de l’album Seconds, tout en jouant de la guitare, du piano et de l’orgue. Stevens l’accompagne à la guitare électrique, apportant un jeu distinct qui s’entrelace avec celui de son complice. À leurs côtés, Rami Jaffee, claviériste des Foo Fighters, enrichit les morceaux de nappes subtiles et texturées. Mathias Schneeberger, collaborateur de The Afghan Whigs, ajoute une touche vintage grâce à son travail au clavinet. En studio, l’ingénierie est signée Devlin Thorn, et le mastering confié à Philip Shaw Bova. Comme le résume Christopher Thorn : « Ce qu’Odd a composé nous a inspirés dès les premières notes. ».
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