Un hymne poétique à la jeunesse insoumise, porté par une parole vive, libre et lucide. Entre panache, prise de conscience et désirs brûlants, La jeunesse a tous les droits bouscule les attentes et revendique l’audace d’exister pleinement.
Dans La jeunesse a tous les droits, Stan Mathis convoque une figure à la fois réelle et idéalisée de la jeunesse, entre élan vital et lucidité crue. Ce titre, second extrait de l’album Synopsis, déploie une vision engagée, intense et radicalement actuelle de cette génération qui n’attend pas qu’on l’autorise à vivre, mais qui s’élance, avec ou sans permission.
Artiste indépendant, Stan Mathis s’impose depuis plusieurs années comme une voix singulière de la scène francophone, oscillant entre rock poétique et chanson engagée. Pour ce morceau, enregistré à Abbey Road avec le Budapest Symphony Orchestra, il puise dans des inspirations autant littéraires que musicales, entre les envolées lyriques d’un Jean-Louis Murat et les prises de position frontales d’un Saez. Le choix d’un habillage pop symphonique, mêlant cordes classiques, riffs rock et touches électro, renforce l’ambition de cette chanson, conçue comme un manifeste émotionnel autant qu’un moment de vérité générationnelle. Influencé autant par les postures contestataires de PJ Harvey que par la finesse d’un Dominique A, Stan Mathis construit ici une œuvre où la beauté du mot n’efface jamais la puissance de ce qu’il désigne : une génération debout, parfois blessée, mais toujours libre.
Une chanson qui fait de l’émotion une matière première de révolte
Ce qui frappe dès les premiers vers, c’est le refus de toute retenue. L’émotion n’est pas camouflée, elle est affirmée, brandie comme un droit fondamental. L’artiste n’adopte pas un ton plaintif ni nostalgique, il choisit une parole directe, qui épouse les mouvements de l’âme adolescente et jeune adulte sans filtre ni ironie. Loin d’édulcorer les contradictions de cette période, Stan Mathis les embrasse, les revendique même, comme moteurs de croissance et de remise en cause.
Ce ne sont pas les larmes ou les doutes qui paralysent la jeunesse décrite ici, mais bien l’indifférence ou l’héritage trop lourd. La chanson donne à entendre une émotion brute, mais structurée, guidée par une volonté de vérité. C’est en acceptant ses états d’âme que la jeunesse devient capable d’action. L’émotion n’est donc pas un frein, mais un carburant. Loin de mener à une impasse, elle est ici source d’une révélation nécessaire : il faut oser sentir, oser dire, pour exister pleinement.
Le choix des images se distingue par sa justesse sensorielle et sa modernité. La métaphore de la chrysalide, en ouverture, ancre la chanson dans une symbolique de la transformation, du passage et de la fragilité puissante. Loin des clichés éculés sur la jeunesse dorée ou sacrifiée, Stan Mathis construit un portrait nuancé : insolente parfois, mais profondément humaine, traversée de doutes autant que de certitudes naissantes. L’alternance entre élans universels et constats très contemporains (la justice pour les vauriens, les petites filles punks, les garçons sensibles) montre une volonté d’ancrer cette chanson dans le réel, tout en l’ouvrant à une portée universelle. On n’est pas dans une glorification naïve, mais dans une invitation à regarder la jeunesse comme une force lucide, capable de changer les codes tout en se confrontant à l’héritage du monde adulte.
La révélation évoquée ici n’est ni mystique ni fugace, elle est progressive, construite. Il s’agit d’une conscience qui s’aiguise au fil des blessures, des combats, mais qui ne renonce jamais à sa liberté intérieure. En soi, nous avons ici une parole poétique au service d’une conscience lucide, celle d’une jeunesse à peine sortie des jupons de leurs mères, mais qui a tous les droits ; celui de rêver, de se révolter, d’aimer ou celui de l’erreur !
La jeunesse a tous les droits ne cherche pas à plaire, mais à marquer. En magnifiant la sincérité et l’énergie de cette génération souvent incomprise, Stan Mathis signe une chanson à la fois politique et intime, aussi percutante que poétique. Un morceau nécessaire. L’intro du clip donne un élan presque poétique, telle une préface avant la prise de conscience.
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