Avec Open Waters, Geminiah signe une chanson indie pop aérienne et introspective, où la perte de repères devient une forme d’acceptation. Dans un monde trop vaste pour être maîtrisé, il choisit la dérive lucide plutôt que la résignation.
Open Waters semble flotter entre le désarroi et la lumière, dans cet espace trouble où les émotions deviennent des boussoles. Geminiah propose un voyage intérieur, porté par une musique nostalgique et une écriture impressionniste. Pas de réponse toute faite, mais une invitation à embrasser la confusion. Le refrain s’imprime dans la mémoire, comme un appel à se laisser porter plutôt qu’à fuir.
Le refrain est puissant, les couplets dans la lignée des titres indie pop et electro pop de nos années collégiales et lycéennes devant M6 Music le matin au petit déjeuner.
Une écriture née de la rupture et du vertige
Geminiah est un artiste suisse aux racines internationales, forgé par un parcours atypique entre l’Australie, l’Europe et la scène indie pop actuelle. Son retour avec Open Waters marque un virage sincère. Ce titre est né après un premier morceau, Complicated, qui n’alignait plus avec son évolution intérieure. L’écriture de Open Waters l’a reconnecté à son instinct, à son besoin d’authenticité. Influencé par une génération nourrie de sons M6 Music et de pop introspective des années collège, il puise dans un mélange de souvenirs sonores pour bâtir une identité douce, mais résolument personnelle. Son timbre feutré, ses harmonies vaporeuses et son regard lucide tracent une nouvelle direction, à la croisée de l’indie et d’une pop contemplative.
La mer comme métaphore d’un chaos apaisé
Ce qui frappe dans Open Waters, c’est la manière dont Geminiah utilise l’image de l’eau, non pas comme menace, mais comme reflet d’un monde intérieur en plein tumulte. Il ne cherche pas à vaincre la confusion, mais à la traverser. Les paroles ne cherchent pas la linéarité d’un récit classique. Elles suggèrent, par touches, un état d’esprit : celui de l’homme submergé, qui garde la tête dans les nuages pour ne pas sombrer. Les références spirituelles (parler à Dieu dans un bar) ou existentielles (les murs de l’univers qui se fissurent) s’enchaînent sans dramatisation. Loin de la colère ou du cri, c’est un désarroi tranquille, assumé. Les émotions ne mènent pas à une conclusion, mais à un état de présence : marcher malgré tout, entendre l’appel du ciel, même si l’on ne comprend pas.
Dans ce morceau, la révélation n’est ni brutale ni rédemptrice. Elle s’inscrit dans la continuité d’un flou accepté. Le refrain répété agit comme une ancre poétique : perdu, mais toujours en mouvement. La surprise de ce vide dans les yeux n’est pas une chute, mais une reconnaissance. Le cheminement de Open Waters repose sur l’acceptation de ce qui ne peut être résolu. Geminiah donne à entendre cette pulsation intérieure qui continue malgré les craquelures. C’est un chant pour celles et ceux qui avancent dans le silence, avec pour seule arme une lucidité teintée d’espoir. La singularité du morceau tient justement dans cette tension entre abandon et persistance, sans jamais sombrer dans le pathos ou l’illusion d’un apaisement total. En somme, une dérive volontaire, une clarté qui ne rassure pas
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