Sous contrôle, Maël Jones poursuit son aventure dans la réalité.


Duo belge électro pop francophone, Maël Jones confirme son virage artistique avec Sous contrôle. Un album intense et lucide qui interroge l’anxiété moderne, l’amour sous tension et le besoin vital de lâcher prise, porté par une énergie scénique brute.

Suite au succès de leur premier album Playlist, Maël Jones n’a jamais cessé de composer, d’affiner son identité, et de pousser plus loin les limites de son écriture. Duo belge formé par Maëlle Laduron et Jonathan Neefs, le projet naît durant la crise sanitaire, dans un moment de retour à l’essentiel, où la musique devient un espace de respiration et de vérité. L’artiste bijoutière et photographe d’un côté, le coach vocal et producteur musical du Jonovox Studio de l’autre, construisent une électro pop francophone sensible, incarnée, où le texte garde une place centrale. Maël Jones, c’est une énergie moderne, des mélodies fortes, et une alchimie vocale qui transforme chaque titre et chaque scène en expérience émotionnelle, entre élégance pop et intensité brute.

Avec Sous contrôle, leur deuxième album sorti en octobre 2025, Maël Jones signe un tournant artistique assumé. 11 titres sans compromis, portés par des refrains accrocheurs et des textes engagés qui questionnent l’anxiété contemporaine, les injonctions sociales et le besoin de pause. Des morceaux comme Ces ondes, Gomme ou J’fais une pause prolongent cette réflexion sur la pression des réseaux, l’illusion du bonheur normé et l’épuisement émotionnel.

L’album capte ce tiraillement permanent entre lucidité et lâcher prise, avec une énergie scénique qui emporte tout sur son passage. Perdre le contrôle devient alors un acte presque salutaire, une invitation à respirer, à vivre l’instant, et à monter le son, sans faux semblants.

Toi et moi est électro rock, il montre la volonté de faire quelque chose de sa vie, mais avec des limites dans la tarification émotionnelle, on voit la pointe d’un problème, on prend la fuite. Le titre poursuit cette tension entre élan vital et retenue affective. Le morceau parle d’un attachement lucide, presque sous surveillance, où l’amour devient à la fois refuge et béquille chimique. Derrière la douceur apparente, on perçoit la peur de l’effondrement, la conscience que tout peut dérailler, et pourtant le choix de rester. Ce n’est pas une promesse naïve, mais une fidélité fragile, tenue par le souffle, par le regard, par l’instant présent, quand fuir serait plus simple, mais moins vrai.

Entre bonheurs éphémères et soumission à la dopamine

Il est vrai que toute cette manière d’être au monde n’est qu’une succession de choix pour éviter le déplaisir et de perdre le contrôle. L’oubli est le nœud de la construction psychique, on préfère les bonheurs de l’instant que la solidité des émotions. Ça fait du bien résume très bien toute la philosophie de ce paradoxe de l’instant, du bonheur et de la fuite. Et donc Le monde part en fusée suit cette logique : on veut tout, rapide et sans attendre, les bonheurs illusoires retrouvent un refuge dans l’artificiel. La dopamine, hormone du plaisir, devient la déesse d’un univers où l’on court après des moments d’extase. Finalement, cette vie de stress et de feel good avant tout n’est qu’une suite de Dops qui nous minent. Et le cercle vicieux nous met face à une question « Comment mieux gagner ? ».

L’album possède des pépites plus calmes comme Mets le feu. On retrouve un peu de Shake Shake Go dedans, un peu de Kaolin, mais avec des accentuations plus électro. La chanson parle de petits éclats de lumière au milieu de la nuit quand la vie part en vrille. Il n’y a rien à prouver et tout à faire. La chanson est très motivante, elle contrebalance la totalité du reste de l’album. Un peu comme le fameux ovnis Les Anges de Cox sur Une belle journée. Cette chanson a marqué les esprits, car elle était une respiration dans un album très produit, un album très sombre. Ici, la configuration est un peu similaire : on est dans une contemplation de notre ère avec un regard lucide et presque désabusé, l’optimisme a changé de camp, on n’espère plus rien, on veut des preuves ! C’est peut-être pour ça que Les idées qui dansent vient redonner un peu de souffle, un dialogue entre un doux rêveur et quelqu’un qui n’y croit plus. Pourtant, il y a encore un peu d’espoir, puisqu’on veut se prendre la main et rêver ensemble. Plus tard, dans l’album, on retrouve J’fais une pause et Ces ondes, que l’on a déjà présenté il y a quelques temps.

Avec Sous contrôle, Maël Jones capte l’air du temps sans posture ni faux-semblants. L’album oscille entre tension intérieure et besoin de respiration, entre désir de maîtrise et nécessité de lâcher prise. Une électro pop incarnée, parfois abrasive, parfois lumineuse, qui parle d’amour, de fatigue sociale et d’espoir discret. Un disque qui ne promet pas de solution, mais accompagne celles et ceux qui cherchent encore leur équilibre.

On vous conseille également ce duo, Adèle et Robin et leur single Adrénaline & Amnésie.

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