Running Man on l’a vu et tout ce qu’il faut savoir sur le film


Spectaculaire et viscéral, Running Man d’Edgar Wright adapte Stephen King dans un futur où la survie devient un show télévisé sanglant. Glen Powell, Josh Brolin et Emilia Jones brillent dans ce thriller explosif, entre critique sociale et fièvre d’adrénaline pure.

Adapté du roman de Stephen King, Running Man réalisé par Edgar Wright projette le spectateur dans un futur où la survie devient un spectacle planétaire. Le cinéaste britannique orchestre un film d’action nerveux, où chaque plan pulse au rythme d’une tension ininterrompue. Glen Powell incarne un ouvrier poussé au désespoir qui accepte de participer à un jeu télévisé mortel pour sauver sa fille malade. Face à Josh Brolin, manipulateur au sourire carnassier, et à Emilia Jones, inattendue alliée, le film interroge notre fascination pour la violence mise en scène. Un marathon explosif qui tient ses promesses, entre satire et émotion brute.


Un monde dans lequel règne le tribunal médiatique !

Dans un monde où la télévision a remplacé toute forme de justice, Running Man suit Ben Richards, ouvrier réduit au chômage par le pouvoir du Network. Pour sauver sa fille condamnée sans traitement, il participe à une émission meurtrière diffusée en direct. Traqué pendant trente jours par des tueurs professionnels, Ben devient peu à peu le symbole d’une rébellion collective. Glen Powell livre une performance intense et terriblement humaine, rendant palpable le désespoir d’un homme ordinaire confronté à une machine inhumaine. Josh Brolin incarne Dan Killian, producteur tout-puissant et charmeur, prêt à sacrifier n’importe qui pour l’audience. Emilia Jones, en Amelia Williams, apporte au récit une sensibilité rare : d’otage à partenaire, son évolution éclaire la dimension morale du film. Ensemble, ils composent un trio d’une justesse exemplaire, reflet d’une société où spectacle et mort ne font plus qu’un.


Comment est né le projet du film

Le film puise ses racines dans la passion d’Edgar Wright pour le roman originel de Stephen King, publié sous le pseudonyme de Richard Bachman. Adolescence, fascination et frustration : le réalisateur a longtemps rêvé d’en proposer une adaptation fidèle, différente du film culte de 1987 avec Arnold Schwarzenegger. L’opportunité est venue grâce à Simon Kinberg, producteur de Seul sur Mars, qui l’a contacté pour lui confier la réalisation d’une version moderne, plus ancrée dans la société contemporaine. Pour Edgar Wright, c’était une évidence : il fallait revisiter cette histoire sans la trahir, en lui redonnant sa dimension politique et humaine.

Aux côtés du scénariste Michael Bacall, déjà complice sur Scott Pilgrim, le cinéaste a construit un récit rythmé et brutal, fidèle à l’esprit du livre mais enrichi d’une tension émotionnelle inédite. Le projet s’est imposé comme une œuvre d’envergure, mêlant la verve satirique du cinéaste à la rigueur dramatique de S. King. Le Network, entité toute-puissante qui contrôle la population, devient le miroir grossissant des médias contemporains et de la manipulation de masse.

La production, pilotée par Simon Kinberg, Edgar Wright et Nira Park, a mobilisé une équipe internationale. Le tournage a eu lieu au Royaume-Uni et en Bulgarie, sur plus de soixante-dix lieux, pour illustrer le voyage désespéré de Ben Richards à travers un territoire ravagé par la pauvreté et la propagande. Le chef opérateur Chung-hoon Chung, collaborateur de Park Chan-wook, a filmé un futur crédible, ni trop lointain ni purement technologique, où le chaos cohabite avec la perfection glacée des élites.

Le réalisateur s’est entouré de ses fidèles collaborateurs : le chef décorateur Marcus Rowland, le monteur Paul Machliss et le compositeur Steven Price. Ensemble, ils ont façonné une œuvre haletante où la musique devient moteur narratif et la caméra, un prolongement de la fuite. Le film fut aussi un défi logistique : quatre-vingt-quatorze jours de tournage, des cascades exécutées par Glen Powell lui-même et des explosions entièrement réelles. Plus qu’une simple adaptation, Running Man s’affirme comme une relecture ambitieuse d’un mythe moderne, entre dénonciation sociale et catharsis visuelle.


Dystopie et critique d’un système où les médias ont le pouvoir sur un fond de chasse à l’homme

Edgar Wright signe ici une dystopie implacable, où l’humanité s’effrite sous le poids du divertissement. Dans ce futur proche, la misère n’a plus de place à l’écran, sauf lorsqu’elle sert de spectacle. Running Man observe un monde où la souffrance devient un produit et où chaque vie se mesure en parts d’audience. Le Network contrôle tout : l’information, les émotions, la narration. Cette omniprésence des médias évoque notre propre dépendance aux écrans et à la validation sociale. Chaque citoyen devient à la fois spectateur et complice, enfermé dans un voyeurisme collectif qui nourrit le système qu’il prétend dénoncer.

La mise en scène du réalisateur joue de cette tension : caméras embarquées, plans séquences frénétiques, musique galvanisante. Le spectateur est happé dans la spirale, fasciné comme les millions d’anonymes qui suivent la traque de Ben Richards. L’univers visuel, inspiré du « Cassette Futurism », mêle passé et futur, comme pour rappeler que la barbarie médiatique n’est jamais qu’un éternel recommencement.

Au cœur du film, la critique de la téléréalité moderne se fait virulente. L’émission Running Man n’est qu’une extension monstrueuse de nos jeux de pouvoir et de nos indignations sélectives. Edgar Wright détourne les codes du blockbuster pour livrer un miroir cruel : celui d’une société prête à tout pour ressentir quelque chose, même au prix de la mort d’autrui. La figure de Ben Richards incarne cette résistance désespérée face à un monde désensibilisé. En fuyant, il révèle la corruption d’un système où la compassion est devenue un luxe. À ses côtés, Amelia Williams représente la prise de conscience : celle d’une jeunesse privilégiée découvrant la valeur du réel.

Amelia Williams in Cat Person © Studiocanal GmbH

La relation entre Ben Richards et Dan Killian, incarné par Josh Brolin, transpose le duel antique entre le gladiateur et l’empereur. Le public réclame du sang, l’empire donne un héros à sacrifier. Mais le spectacle finit par se retourner contre lui-même. Le cinéaste rappelle ainsi que le pouvoir du cinéma réside aussi dans sa capacité à dénoncer le mensonge du spectacle.

Running Man ne se contente pas d’être un film d’action, il devient une parabole politique. Derrière le rythme effréné et les explosions, le message persiste : quand la société transforme la souffrance en jeu, la seule victoire possible reste la survie de l’esprit critique.

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Note : 4.5 sur 5.

19 novembre 2025 en salle | 2h 14min | Action, Science Fiction, Thriller
De Edgar Wright | 
Par Edgar Wright, Michael Bacall
Avec Glen Powell, Josh Brolin, William H. Macy
Titre original The Running Man

Le saviez-vous ? – Entraînement, cascades et tournage de Running Man

Saviez-vous que Glen Powell s’est préparé des semaines avant le tournage sous la supervision de Nikki Berwick, coordinatrice de cascades ? Son programme, axé sur la résistance et la coordination plutôt que sur la musculation, visait à développer endurance et mobilité. L’idée d’Edgar Wright était claire : faire de Ben Richards un homme ordinaire confronté à l’extraordinaire, non un héros d’action invincible. L’acteur jouant le running man a appris à réagir avec instinct, comme un fugitif luttant pour sa survie, afin que chaque geste paraisse crédible et non chorégraphié.

Le tournage, étalé sur 94 jours entre le Royaume-Uni et la Bulgarie, a mis les équipes à rude épreuve. Plus de soixante-dix décors réels ont été utilisés, parfois dans des conditions extrêmes : chaleur, poussière, et hauteurs vertigineuses. Refusant les fonds verts, le réalisateur a privilégié les effets pratiques. L’une des scènes les plus impressionnantes, tournée à Sofia, montre Ben sautant d’un pont en feu. L’acteur principal a insisté pour exécuter lui-même cette cascade, sous le regard vigilant du réalisateur, renforçant la tension et l’authenticité à l’écran.

Les cascades occupent une place essentielle dans le film. Conçues par Edgar Wright et Nikki Berwick, elles traduisent la douleur, la peur et la résistance physique d’un homme dépassé par la violence du monde. Chaque course, chaque chute, chaque impact contribue à la narration. Le cinéaste a limité au strict minimum les effets numériques pour que le public ressente la fatigue et la sueur du héros. Ce réalisme brut transforme Running Man en une véritable épreuve sensorielle, où le corps de Glen devient le vecteur principal de l’émotion et l’incarnation de la lutte pour la survie.



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