Clara Moati – Amours


Une déclaration intime sur l’amour rêvé face à l’amour réel. Dans Amours, Clara Moati explore la nostalgie des passions idéalisées et la difficulté d’accueillir le vrai sentiment. Une chanson fragile, sincère, entre cinéma intérieur et maturité naissante.

Avec Amours, Clara Moati signe une chanson qui regarde les élans du cœur sans ironie ni cynisme. Elle y interroge la frontière entre l’amour fantasmé et l’amour vécu. La parole avance avec douceur, presque à voix basse, comme si chaque phrase cherchait à apprivoiser ses propres illusions. Il ne s’agit pas de renoncer à aimer, mais d’apprendre à regarder ses attentes en face, et d’accepter que le sentiment vrai ne ressemble pas toujours aux promesses que l’on s’était faites.

Clara Moati chantait avant même de savoir parler. Ses doigts glissent pour la première fois sur un piano à l’âge de 5 ans. Quelques années plus tard, à 10 ans, elle écrit la première chanson d’une longue lignée. Aujourd’hui, elle retranscrit au travers de ses morceaux les émois d’une jeune fille qui passe à l’âge adulte, avec des chansons sincères et nostalgiques. Son premier EP « Les Amours Indélébiles » est disponible. Au travers 4 titres, qui dépeignent chacun une forme d’amour marquante, désillusion amoureuse, premier amour, amitié, deuil, elle offre un projet empli de tendresse. C’est doux, c’est un retour à la chanson française, celle qui fait plaisir et du bien. Celle de France Gall, celle de Thomas Fersen ou encore celle des premiers Vincent Delerm. Cette filiation assumée éclaire Amours, où la mélodie laisse respirer la parole et où la pudeur devient une force.

Amours raconte une jeune femme qui se laisse emporter par des regards, des sourires, des projections. Elle avoue avoir crié trop vite, avoir juré aimer une âme à chaque nouvelle flamme. Les images sont simples, mais précises, ciel noir, nuits d’hiver, encre manuscrite, cœur immobile. La chanson ne se moque pas de cette naïveté, elle la regarde avec lucidité. Derrière l’espoir d’un amour irréversible, se cache la répétition d’histoires semblables, presque interchangeables. La question demeure, arrive-t-elle à vivre l’amour quand c’est le vrai, ou préfère-t-elle la version rêvée, plus intense, plus romanesque.

Une fille qui rêve d’histoires d’A, de scènes comme au cinéma, mais arrive-t-elle à vivre l’amour quand viendra le vrai ?

L’originalité tient à la manière dont l’héroïne assume le mot imbécile pour parler d’elle-même. Ce choix crée un décalage. Il ne s’agit pas d’autodérision légère, mais d’un aveu fragile. La parole montre une conscience aiguë de ses propres mécanismes. Elle sait qu’elle répète les mêmes élans, qu’elle projette des visages sur des inconnus aux mêmes noms, qu’elle confond parfois amour et scénario. Cette lucidité n’annule pas l’émotion, elle la rend plus dense. La chanson appelle à prendre du recul non par morale, mais par saturation. À force d’écrire sous le ciel noir, immobile, la narratrice comprend que l’espoir d’un amour irréversible peut devenir une prison intérieure. C’est doux, c’est un retour à la chanson française, celle qui fait plaisir et du bien, mais sous cette douceur se cache une vraie tension entre rêve et réalité.

Les émotions ne mènent pas à une révélation brutale, mais à une prise de conscience progressive. Rien n’est irrémédiable, car là, on continue d’y croire, elle reste assise, elle écrit encore. Pourtant, quelque chose s’est fissuré. En nommant ses illusions, elle cesse de les subir totalement. La répétition des mêmes images, hiver, immobilité, indélébile, crée une boucle qui suggère un cycle affectif. La chanson ne tranche pas entre le fantasme et le réel, elle expose leur coexistence. L’acceptation des émotions passe par leur reconnaissance, même lorsqu’elles sont excessives. Ce n’est pas la fin de l’espoir, c’est sa mise à distance. Le recul proposé n’est pas un renoncement, mais un apprentissage discret, presque silencieux, vers un amour moins cinématographique, peut-être plus vrai.


Quelques mots sur l’EP

Avec « Les Amours Indélébiles », Clara Moati concrétise deux années de travail patient et intime. Ce premier EP réunit quatre titres, Amours, Orange, Petite Femme et Abeilles, qui explorent différentes facettes du sentiment, désillusion, premier amour, amitié, deuil. L’ensemble se présente comme un journal affectif mis en musique, écrit avec le cœur, où chaque chanson capte un moment charnière du passage à l’âge adulte.

Réalisation, mIx et arrangements Maxys Turk • Pochette Clémence Girard


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