Ceinture noire – Une trajectoire adolescente entre rigueur et doute


La France peut compter un nouveau mangaka, et Ceinture noire s’impose d’emblée comme une entrée remarquée dans le paysage du manga français contemporain.


Le judo comme cadre de vie et de tension intérieure

Ceinture noire suit les destins croisés de Camille et Yanis, deux lycéens engagés dans la préparation de l’examen de la ceinture noire de judo. Camille, brillante et méthodique, enchaîne les compétitions avec une efficacité presque mécanique. Le judo est pour elle un cadre structurant, mais aussi une routine qui finit par l’étouffer. En miroir, Yanis incarne l’effort pur, la persévérance d’un adolescent moins doué, mais animé par une passion sincère et un désir constant de progresser.

À mesure que Camille doute de son rapport au sport, l’équilibre fragile entre performance, plaisir et amitié se fissure. Le récit s’éloigne alors du simple parcours sportif pour interroger plus largement la construction de soi à l’adolescence, entre attentes extérieures, discipline imposée et besoin d’émancipation.


Un récit social ancré dans le réel

Banlieue, adolescence et quête d’identité, ici, on se focalise sur le réel. À travers ce diptyque, Ceinture noire propose une tranche de vie juste et touchante, inspirée de la jeunesse de Matis Montes. Le cadre de la banlieue n’est jamais caricatural, il sert au contraire de toile de fond discrète à des questionnements universels, le rapport au corps, à l’échec, à la réussite, et à la pression sociale liée au sport de haut niveau.

Le manga évite tout pathos inutile. Les silences, les regards, les moments de doute comptent autant que les scènes d’entraînement ou de compétition. Le style graphique est propre et soigné, ça donne envie d’en découvrir un peu plus dans un prochain tome ! Cette sobriété visuelle renforce l’authenticité du propos et laisse toute la place aux émotions contenues des personnages.


Un premier manga porté par un parcours cohérent

Avant de se lancer dans la bande dessinée, Matis Montes a pratiqué le judo pendant treize ans dans le Val-de-Marne, tout en suivant une formation en conservatoire durant onze ans. Ce double parcours, physique et artistique, irrigue naturellement Ceinture noire, tant dans la précision des gestes que dans le rythme du récit. Passé par Les Gobelins et par le métier de storyboarder, il met son sens du découpage et de la narration visuelle au service d’un projet intime et maîtrisé.

Prévu en deux tomes, Ceinture noire s’annonce comme une série complète cohérente, pensée comme un ensemble. Le tome 1 paraîtra en librairie le 10 avril 2026, dans un format 150 × 210 mm, 208 pages en noir et blanc et couleurs, avec une couverture cartonnée, au prix de 12,50 €. Une première œuvre sincère, qui confirme que le manga français continue de se réinventer en puisant dans des expériences de vie authentiques. Grâce à la force de son sujet, Matis Montes arrive à faire de sa pratique du judo une force dans sa narration graphique !

EN LIBRAIRIE LE 10 AVRIL 2026 – En précommande sur Amazon.


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