L’Infiltrée, une comédie qui fait du bien !


Quand un fonctionnaire de police maladroit se voit confier une mission d’infiltration ultra-sensible, il ne s’attend pas à devoir changer de peau. Encore moins à devenir une autre. Avec L’Infiltrée, Ahmed Sylla signe une comédie populaire rythmée, efficace et assumée.

Maxime (Ahmed Sylla) est un agent technique de la police, discret, peu sûr de lui, et frustré de ne jamais accéder au terrain. Lorsqu’une opération délicate vise à infiltrer un gang de redoutables Amazones dirigées par le mystérieux Tonton (Kaaris), il accepte une mission inattendue : se faire passer pour Lupita, une femme au caractère affirmé. Sous cette nouvelle identité, Maxime découvre un univers qu’il ne maîtrise pas, tout en étant encadré par la commissaire Mercier (Michèle Laroque), figure d’autorité rigoureuse mais humaine. Autour d’eux gravitent Sonja Kalam (Sandra Parfait), bras droit déterminé, et le lieutenant Duval (Amaury de Crayencour), collègue aussi zélé qu’inefficace. Ce jeu de rôles permanent devient le moteur d’une infiltration aussi périlleuse qu’absurde.

Une comédie qui fait du bien ! L’art de la métamorphose

L’Infiltrée dépasse le simple high concept du déguisement pour proposer une comédie solide, tenue, et étonnamment maîtrisée. La mise en scène reste lisible, rythmée, sans chercher l’esbroufe, privilégiant l’efficacité narrative et le tempo comique.

Ici, le propos est plus frontal, plus physique, presque musclé. La comédie repose sur l’infiltration, l’action, le quiproquo, et surtout sur la transformation progressive de Maxime en Lupita. Cette métamorphose n’est jamais traitée comme une simple caricature. Le film prend le temps de faire exister Lupita comme un personnage à part entière, crédible, intégré, et accepté par son entourage.

Là où certaines comédies contemporaines tombent dans les facilités ou l’extravagance, L’Infiltrée trouve un équilibre juste. Le film se tient à distance des lieux communs des comédies modernes trop formatées. Le casting secondaire apporte une vraie énergie collective, et la dynamique féminine du récit, assumée et jamais moqueuse, donne au film une identité claire.

Sans révolutionner le genre, Ahmed Sylla livre une comédie populaire sincère, généreuse, et parfaitement consciente de ce qu’elle est. Un film qui fait du bien, parce qu’il ne triche pas avec son ambition première : divertir intelligemment.

Une comédie populaire assumée

L’Infiltrée revendique pleinement son statut de comédie populaire, pensée comme une expérience de cinéma directe, lisible, et accessible, sans détour ni fausse sophistication. Le film avance avec une promesse claire : faire rire, embarquer, et tenir le spectateur jusqu’au bout, en assumant ses codes et son rythme.

Cette efficacité repose sur un moteur central, le duo Maxime et Lupita, non comme un simple ressort comique, mais comme l’axe structurant de tout le récit. Le film existe par cette dualité permanente, par la friction constante entre l’agent maladroit et la femme qu’il devient, et par la crédibilité absolue exigée de cette transformation. Lupita n’est jamais un masque interchangeable, elle conditionne chaque situation, chaque rapport de force, chaque avancée narrative. Sans cet équilibre précis, le film perdrait immédiatement son assise. C’est là que L’Infiltrée trouve sa singularité, en faisant de cette métamorphose le cœur vivant de sa mécanique comique, tout en restant fidèle à une ambition simple et assumée, offrir une comédie populaire efficace, rythmée, et pensée avant tout pour le plaisir du public.

Une belle surprise, on en attendait beaucoup de ce nouveau film avec comme acteur principal Ahmed Sylla, mais cette fois-ci, il additionne la fonction de réalisateur, et ça fonctionne !
Nous sommes cependant sans la petite dimension sociale qu’on retrouvait dans plusieurs de ses films (Ici et là-bas, Super Papa, Jumeaux mais pas trop, Comme un prince,), mais dans une comédie musclée qui fonctionne, sans l’extravagance de la bande à Fifi, mais sans les lieux communs des comédies modernes.

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Note : 4.5 sur 5.

11 février 2026 en salle | 1h 35min | Comédie
De Ahmed Sylla | 
Par Daive Cohen
Avec Ahmed Sylla, Michèle Laroque, Kaaris


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