Tangible – Les déserteurs


Les déserteurs de Tangible frappe fort et net. Une charge frontale contre les illusions collectives, servie par une voix rageuse et une tension rock qui rappelle l’urgence de Lunatic Age. Viscéral, tendu, honnête.


Dans Les déserteurs, Tangible propose une lecture acerbe du monde adulte, où les rêves sont vendus comme des produits périssables. Loin des artifices, le groupe signe un morceau lucide, sans compromis, porté par une voix chargée de rage retenue et de désillusion.


Tangible, entre urgence rock et conscience sociale

Projet rock français fondé en 2025, Tangible incarne une scène en quête de sens, d’authenticité et de colère maîtrisée. La voix, tendue et rugueuse, évoque autant Lunatic Age que certaines envolées d’Abesse, avec une intensité proche de Mass Hysteria ou encore Lik’ID. Le groupe se positionne dans cette veine sombre et nerveuse, où les mots frappent autant que les guitares. Ici, le chant ne cherche pas la prouesse technique, mais l’impact brut. On sent un besoin urgent d’exister autrement, de parler pour ceux qu’on fait taire. La signature vocale pourrait encore affiner ses nuances, mais elle touche juste. Ce morceau parlera à tous ceux qui ont grandi avec la rage mélodique des années 90, et qui ressentent encore l’écho de cette urgence.

Une critique du rêve frelaté et de l’imposture collective

La chanson met en scène deux camps bien distincts. D’un côté, ceux qui manipulent les figures de style, qui créent des slogans creux, qui se drapent dans l’apparence et tirent profit de l’illusion. De l’autre, les « sans armes », ceux qui n’ont pas le choix, contraints d’avaler le mensonge, au prix d’une addition démesurée. Ce déséquilibre se raconte sans fard. Le protagoniste parle d’un monde où la maturité devient une forme de trahison, où l’on se perd à trop vouloir réussir. L’enfant devient adulte en trahissant ses propres repères. C’est ce glissement qui rend la chanson aussi dérangeante que percutante, car il résonne avec une réalité que beaucoup préfèrent ignorer.

On a beaucoup pensé à Vrai du groupe Lik’Id dans la forme de lucidité désarmante. On parle d’un monde qui est là, face à nous. Tout le monde constate, tout le monde accepte car personne ne peut renverser seul ceux qui commandent et abusent. On n’est pas réellement dans une volonté de révolution, mais de répartition équitable sans note salée ! On offre en un cri lucide, entre amertume et lucidité !

Ce qui fait la force de Les déserteurs, c’est la façon dont Tangible exploite les émotions comme des charges explosives. La colère y est froide, presque contenue, mais elle vibre dans chaque mot. Ce n’est pas une plainte, c’est une radiographie du renoncement. On y entend une vérité qui brûle, une vérité sur l’adulte désabusé, celui qui a vendu son idéal pour une sécurité bancale. Il ne s’agit pas d’une révélation soudaine, mais d’une prise de conscience lente, douloureuse, irréversible. À aucun moment la chanson ne cherche à consoler. Elle expose. Elle accuse. Et c’est précisément ce choix stylistique. Cette absence de pitié, ce refus de tout embellissement, qui la rend si marquante. La parole s’arrache au confort, pour dire l’inconfort. Et c’est là, dans cette tension constante, que le morceau atteint sa pleine intensité.



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