SNCF, un bad buzz autour des offres confort pour ceux voulant voyager sans être dérangés par des enfants.


Polémique autour de la nouvelle offre premium de la SNCF accusée d’exclure les enfants au nom du confort. Une pétition citoyenne réclame des wagons familles adaptés et une vision plus inclusive du service public ferroviaire.

La polémique enfle autour de la nouvelle offre premium de la SNCF. En lançant les classes Optimum et Optimum Plus sur certains TGV, l’entreprise publique promet un ‘confort accru’ aux voyageurs. Mais derrière cette promesse se cache une réalité qui heurte de nombreux usagers : dans ces espaces, les enfants ne sont pas les bienvenus. Une orientation commerciale qui, pour beaucoup de parents et de citoyens, franchit une ligne rouge.

SNCF : quand le ‘confort’ devient un prétexte à l’exclusion des enfants


À l’origine de la contestation, une pétition portée par Alice Daumont, maman de deux enfants, déjà signée par plus de 2 700 personnes. Son message est clair : nous refusons des trains sans enfants, nous demandons des wagons familles adaptés. Une revendication qui dépasse le simple mécontentement individuel pour poser une question de fond sur la mission même d’un service public.

Depuis l’apparition de cette offre Optimum, plusieurs usagers ont signalé, documents commerciaux et témoignages à l’appui, l’existence de règles visant à garantir un calme absolu, allant jusqu’à exclure de fait les enfants de ces espaces dits ‘privilégiés’. L’information, relayée sur les réseaux sociaux et dans des échanges publics, a suscité une incompréhension massive. Comment un service public peut il instaurer des zones où une catégorie entière d’usagers, en l’occurrence les enfants et les familles, n’a plus sa place ?

Le problème n’est pas le besoin de calme. Personne ne nie que certains voyageurs souhaitent travailler, se reposer ou voyager dans le silence. Le problème réside dans la méthode. Interdire l’accès à des espaces du train sur la base de l’âge ou de la présence d’enfants revient à créer une hiérarchie implicite entre les usagers. Certains seraient plus légitimes que d’autres à bénéficier du ‘confort’. Dans un service public, cette logique pose un sérieux problème de principe.

Ce que dénoncent les signataires de la pétition, c’est une discrimination déguisée. Les enfants ne sont pas un ‘désagrément’, mais des usagers à part entière. Les familles paient leurs billets, financent le réseau par l’impôt et participent à la vie collective. Leur dire, même indirectement, ‘ce train n’est pas pour vous’, revient à transformer un outil de mobilité publique en produit sélectif, réservé à ceux qui correspondent à un idéal de tranquillité standardisée.

La comparaison souvent citée par les opposants est révélatrice : les chiens sont autorisés dans ces espaces, sous certaines conditions, mais pas les enfants. Le symbole est fort, et alimente un sentiment d’injustice profond. Car derrière cette décision, c’est toute une vision de la société qui transparaît, où l’enfance devient un problème à contenir plutôt qu’une réalité à intégrer.

Face à cela, la pétition ne se contente pas de dire non. Elle formule une proposition concrète et pragmatique : la création de wagons exclusivement réservés aux familles avec enfants. Des espaces réellement pensés pour elles, avec plus de place, des sièges adaptés, éventuellement des zones de jeu, et une organisation cohérente. Ces wagons seraient, en contrepartie, interdits aux voyageurs seuls sans enfant, afin de garantir leur fonction.

Cette solution présente un double avantage. Elle permet aux familles de voyager sereinement, sans subir de regards réprobateurs, tout en offrant aux voyageurs sans enfants la possibilité de choisir des espaces plus calmes, sans exclure qui que ce soit du train dans son ensemble. On ne supprime pas l’accès, on adapte les usages.

La question posée à la SNCF est donc profondément politique et sociale. Un service public doit il répondre à la demande de confort en excluant, ou en organisant mieux la cohabitation ? Dans un contexte où la mobilité est un droit essentiel, la réponse ne peut pas être uniquement commerciale.

La pétition d’Alice Daumont appelle à une SNCF inclusive, responsable et fidèle à ses valeurs. Une SNCF qui n’oppose pas les usagers entre eux, mais qui reconnaît la diversité des besoins. Le débat est lancé, et il dépasse largement le simple cadre d’un wagon ou d’une classe premium.

« Qu’est-ce qui va se passer quand on va devoir traverser le compartiment sans enfant pour trouver l’unique table à langer du train ? On va contourner par le toit ? » Alice Daumont a choisi le raisonnement par l’absurde pour dénoncer la nouvelle offre Optimum de la SNCF.


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