LOMNOUVO – Doux Leurre


Un premier single rock où LOMNOUVO explore les illusions modernes, les faux-semblants spirituels et les chemins imposés, avec une force douce mais tenace, portée par des images ciselées et un chant habité.

Avec Doux Leurre, LOMNOUVO signe un titre viscéral, à la croisée du rock d’auteur et de la poésie contemporaine. Derrière un jeu de mots, c’est tout un monde d’illusions douces et brûlantes qui se dessine, entre quête d’identité et rejet des dogmes. Un morceau intense et lucide.


LOMNOUVO est un auteur-compositeur interprète originaire de Savoie. Formé au rock des grands poètes électriques, son univers navigue quelque part entre Alain Bashung et Miossec, mais sans pastiche ni nostalgie. Son premier album Photographie, sorti en décembre 2025, s’impose comme un journal de bord intime et engagé. Il y joue tous les instruments, assumant une démarche DIY audacieuse. Fort d’un parcours scénique solide, l’artiste a su imposer son identité à travers une présence scénique habitée, une voix qui accroche, et des paroles à double fond. Doux Leurre, premier extrait de cet album, témoigne déjà d’un regard aiguisé sur notre époque et ses dissonances intérieures. Il ne s’agit pas d’un rock criard mais d’un rock vécu, intérieur, qui laisse place au doute et au silence autant qu’à la révolte.

Une chanson qui fait de l’émotion un miroir brisé

Dans Doux Leurre, l’artiste ne cherche pas à résoudre le désordre intérieur, il le peint avec justesse. La chanson s’ouvre sur une quête simple : chercher son chemin, son destin, son instinct. Mais très vite, chaque tentative est confrontée à un obstacle extérieur, comme si le monde ne voulait pas que l’individu s’écoute vraiment. L’artiste évoque les croyances spirituelles, la religion, les injonctions sociales, mais toujours avec distance, parfois avec ironie. Ce qui frappe, c’est la manière dont les sentiments ne sont pas exposés frontalement mais filtrés à travers une série d’images contrastées, comme le « papier glacé » ou cette « douleur » qui brûle tout en étant douce. L’émotion ici ne sert pas de refuge, elle est le terrain du conflit. La répétition du refrain agit comme une incantation douloureuse, une manière d’ancrer la conscience dans une réalité trouble. C’est une chanson qui ne cherche pas à consoler mais à faire résonner un mal-être universel, avec une force contenue. À travers ce balancier entre douceur et violence, entre intériorité et pression sociale, LOMNOUVO déploie une écriture percutante, où l’ellipse vaut autant que la confession.

Ce qui ressort de tout cela entre les guitares endiablées et une voix habitées, c’est ce rapport franc et sans mensonge entre illusion spirituelle et lucidité brute. Le cœur battant de Doux Leurre repose sur cette tension entre foi et cynisme. Quand LOMNOUVO chante « si je cherche le Divin, on me dit qu’ça sert à rien », il ne renie pas la quête, il montre à quel point elle est rendue vaine par le regard des autres. L’originalité de la chanson tient dans cette capacité à transformer les mots ordinaires en pièges à penser. Le refrain, en apparence simple, est en réalité un mantra qui révèle une mécanique plus large : celle des mirages modernes, des discours tout faits, des réponses prémâchées. Et avec l’époque actuelle, les faux prophètes et les gourous sont aux portes de nos esprits en attendant de pouvoir asservir nos larmes et nos maux de leurs remèdes.

Et à travers l’expression « doux leurre », c’est toute une époque que l’artiste fustige, où le mensonge est agréable, confortable, mieux accepté que l’authenticité brutale. La chanson ne se contente pas de décrire une désillusion, elle la met en scène comme un piège affectif, où la douleur devient familière, presque complice. La révélation est là, mais elle n’est pas triomphante : elle laisse une trace, elle brûle doucement. C’est cette prise de conscience, sans retour ni promesse de salut, qui fait la force du morceau. LOMNOUVO livre une chanson nécessaire, honnête, et finalement profondément humaine.


Et si tout cela n’était pas un hasard, mais un manifeste discret ? En choisissant le pseudonyme LOMNOUVO, l’artiste semble convoquer l’idée d’un homme en devenir, d’un être en mutation, un homme nouveau capable d’embrasser ses contradictions sans les fuir. Un être qui ne se contente plus des leurres proposés, mais qui les affronte pour mieux renaître. Ce jeu de mots, s’il n’est jamais énoncé frontalement dans les paroles de Doux Leurre, agit comme une clé de lecture de l’ensemble de son projet musical. LOMNOUVO incarne celui qui ose se dépouiller des masques, celui qui se heurte aux illusions collectives, mais continue malgré tout à chercher un sens, même quand on lui dit que cela ne sert à rien. Dans cette tension entre lucidité et fragilité, entre feu intérieur et douceur apparente, se dessine peut-être la voie de cet homme nouveau. Et si Photographie est une première pierre, Doux Leurre en est l’éclat. Tout cela est souvent lent et compliqué, car l’artiste montre la voie à ceux qui ne regardent qu’avec les yeux des mots jaillis d’un cœur ou du fond de l’âme.


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