Le thermostat connecté obligatoire en France : état des lieux et perspectives


En France, un décret de juin 2023 impose l’installation de systèmes de régulation automatique de température par pièce dans tous les bâtiments résidentiels et tertiaires d’ici 2027, souvent interprété comme thermostats connectés. Annoncé en décembre 2025, un report à 2030 est en discussion pour soulager les propriétaires face aux coûts énergétiques. Cette mesure vise à réduire la consommation de chauffage, qui pèse lourd sur les factures.

Contexte légal et calendrier d’application

Le Décret n° 2023-444 du 7 juin 2023, issu du plan de sobriété énergétique, renforce les obligations existantes depuis 2018 pour les nouvelles installations de chaudières. Il exige un système de régulation automatique de la température de chauffage ou de refroidissement par pièce ou zone, avec un pas horaire minimum, dans les logements neufs et existants, individuels ou collectifs, ainsi que les bâtiments tertiaires. Initialement prévue pour le 1er janvier 2027, cette mesure fait l’objet d’un report à 2030, annoncé fin 2025 par le ministre de l’Économie Roland Lescure pour donner plus de temps aux ménages et professionnels, suite à des pressions comme celles du Sénat et de figures politiques. À ce jour, en janvier 2026, aucun décret modificatif n’est publié, laissant le calendrier original théoriquement en vigueur, mais les autorités prévoient une officialisation prochaine du décalage afin d’éviter une charge financière immédiate estimée à plusieurs milliards pour 27 millions de foyers.

Les exemptions concernent les systèmes non alimentés automatiquement en combustible, comme les cheminées, et potentiellement les cas d’impossibilité technique ou économique prouvée. Par ailleurs, un raccordement à un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments (BACS) suffit à respecter l’obligation. Cette réglementation transpose une directive européenne visant l’efficacité énergétique, avec un contrôle annuel lors de l’entretien des chaudières pour vérifier la conformité. Les aides financières comme le « Coup de pouce pilotage connecté », disponibles jusqu’en novembre 2024, ont été supprimées, obligeant les usagers à assumer pleinement les coûts sans subventions actuelles.

Qui est concerné, comment installer et quels équipements choisir

Tous les propriétaires de logements équipés de chauffage central (chaudières gaz, fioul, etc.) ou radiateurs électriques doivent s’équiper, locataires indirectement via les baux. Cela inclut les copropriétés où chaque radiateur nécessite une tête thermostatique programmable couplée à un thermostat central par pièce ou zone, permettant un pilotage automatique horaire sans réglage manuel simple. Contrairement aux idées reçues, le décret ne mandate pas obligatoirement un modèle « connecté » à Internet, mais tout système programmable suffisant, comme un thermostat classique avec programmation hebdomadaire, tête thermostatique ou vanne motorisée, tant qu’il assure une régulation locale précise.

L’installation varie selon le type de chauffage : pour une chaudière, un thermostat sans fil via signal radio ou filaire au circulateur, placé dans une pièce de vie centrale, à 1,5 m du sol, loin des sources de chaleur. Coupez le courant, branchez le relais Wi-Fi près de la chaudière, fixez l’appareil, reconfigurez via app pour les modèles connectés (Netatmo, Tado, etc.), coûtant 150-300 € par unité plus pose professionnelle recommandée (100-200 €). Pour radiateurs électriques, des vannes intelligentes s’ajoutent directement ; un pro vérifie la compatibilité lors de l’entretien annuel. L’Ademe estime 15% d’économies sur la facture, le chauffage représentant 65% de la conso résidentielle. Anticiper permet d’éviter les pénuries en 2027 ou 2030, avec des modèles comme Delta Dore ou Voltalis proposés gratuitement par certains fournisseurs pour pilotage intelligent.

Le thermostat programmable (connecté ou non) s’impose comme levier clé contre la crise énergétique, reporté à 2030 pour plus de souplesse. Propriétaires, vérifiez vos installations dès l’entretien chaudière ; gains réels attendus malgré coûts initiaux. Suivez les décrets officiels pour anticiper sereinement.

DateÉtapeContenu
7 juin 2023Publication du décretAdoption du Décret n° 2023-444 imposant un système de régulation automatique de la température par pièce ou par zone, dans le cadre du plan de sobriété énergétique.
2023–2024Phase d’incitationMise en place des aides financières, dont le dispositif Coup de pouce pilotage connecté, destiné à encourager l’équipement des logements.
Novembre 2024Fin des aidesSuppression des aides financières nationales, les propriétaires devant désormais assumer seuls le coût des équipements.
Décembre 2025Annonce politiqueAnnonce d’un report envisagé à 2030, afin de soulager les ménages et les professionnels face aux coûts cumulés.
Janvier 2026Situation juridique actuelleAucun décret modificatif publié, le calendrier légal de 2027 reste donc officiellement en vigueur à ce stade.
1er janvier 2027Date légale initialeEntrée en vigueur prévue de l’obligation pour tous les bâtiments résidentiels et tertiaires, sauf exemptions techniques ou économiques.
2026–2029Période transitoire attenduePhase probable de tolérance et de communication, dans l’attente de l’officialisation du report.
Horizon 2030Nouvelle échéance envisagéeDate cible pressentie pour l’application généralisée de l’obligation, sous réserve de publication d’un nouveau décret.

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