Le ratage de RE-positionnement des blogs et medias web face à l’influence est aujourd’hui flagrant. Coincés entre presse web et créateurs de contenu, blogs et webzines peinent à faire reconnaître la valeur réelle de leur travail, malgré une charge éditoriale et technique considérable.
Presse web, mais pas vraiment considérée comme telle
Le souci, c’est que les medias web et blog sont considérés avec les webzines comme de la presse web. Ils héritent donc de l’image du journaliste, celui que l’on ne paie pas directement, car il est censé être rémunéré par sa rédaction. Le problème, c’est que cette logique ne tient plus vraiment. Beaucoup de blogs et webzines n’ont pas de revenus énormes, ni même de rédaction structurée. Ce sont souvent des structures indépendantes, parfois portées par une seule personne, qui assume à la fois l’écriture, la photo, la vidéo, la diffusion et la promotion. Avec l’arrivée en puissance des influencers, de nombreux blogs vivent le revers de la médaille : Il ne sont pas reconnus comme des médias prints plus traditionnels, et sont écartés des évènements pour l’influence. Certains habitués à être chouchoutés se retrouvent écartés et n’ont plus ce qui compensait le bénévolat : soirées premium, cadeau, exemplaires produits pour la presse de dvd, cds ou de livres.

Influencer = on paie,journalistes non
En face, la règle est simple et parfaitement intégrée par les marques : Influencer = on paie. Les journalistes non, ils sont payés par leur rédaction officiellement. Sauf, que quand un blog ou un webzine évoque un partenariat payant, les interlocuteurs jouent très souvent la carte de l’incompréhension. Pourtant, ces mêmes marques paient sans discuter 200-1200€ une vidéo sur un compte d’influenceur, parfois pour un contenu éphémère, peu contextualisé et sans réelle profondeur éditoriale.
Si beaucoup d’acteurs préfèrent l’influence, c’est pour un accès plus transparent à la data : nombre de like, nombre de vues, nombre de repartages. Un média traditionnel qui n’adhère pas à un organisme pour attester de ses chiffres sera toujours dans une zone de flou. Cela, même si ces sites obscurs prétendent détenir un indice… mais fréquemment les chiffres ne sont pas bons, car ils ne reposent que sur des estimations !
Le créateur de contenu : un positionnement bâtard, mais efficace
Il existe aujourd’hui un positionnement bâtard qui fonctionne : le créateur de contenu vidéo. Il adopte un langage éditorialisé, joue avec des niches, mais ne se revendique ni journaliste ni presse. Sur Youtube, Twitch ou Instagram, il se positionne dans un entre-deux malin, et parvient sans mal à imposer du payant. À l’inverse, un média type blog ou webzine doit accepter un partenariat souvent à un prix très bas par rapport à la charge de travail. Reportage photo-video, écriture de l’article, montage et retouche : en tant que prestataire, cela pourrait se facturer 1200-2000 euro. Pourtant, ce budget est bien plus facilement attribué à un influenceur avec une belle audience, même si le contenu est moins pérenne.
La structuration des influenceurs, créateurs de contenu et micro-influenceur leur permet de tirer leur épingle du jeu !
Les créateurs de contenus et micro-influenceurs, eux peuvent rejoindre des agences leur ouvrant l’accès à des évènements de plus en plus fermés. Là, où un média devra négocier avec un RP, qui aura une quantité définie d’invitations à l’évènement, déjà surchargé par des gros journalistes ou des personnalités VIP : acteurs, producteurs, manequins etc… Le petit rédacteur d’un webzine est donc coincé dans un écosystème où il n’a pas su se repositionner. Il n’est pas du format print, ni radio ou télédiffusé, néanmoins lui aussi repose sur un travail de fond et un calendrier de publication, et reste considéré comme modulable à souhait !
Un webmédia (webzine, blog) est un format considéré comme non traditionnel, pourtant vieillissant. Il galère dans un paysage où l’on lui demande de continuer à produire sans contrepartie, le seul moyen de survivre est de décliner son ADN dans un format vidéo ou un podcast audio (qui encore une fois peineront à survivre). Faire ça seul, c’est mettre en péril la partie SEO qu’implique le format écrit, si le média ne trouve personne pour optimiser chaque pôle. Seules solutions : des prestataires ou le montage d’une association.
Le paradoxe est là : un site possède plusieurs canaux d’acquisition. Les moteurs de recherche, les plateformes média-sociaux, parfois même un podcast. Une visibilité durable, indexée, consultable sur le long terme. Mais, faute d’un RE-positionnement clair, ces médias restent coincés entre deux mondes, ni vraiment presse protégée, ni pleinement reconnus comme créateurs de valeur marchande. Et ce flou, aujourd’hui, leur coûte cher. Payer des rédacteurs, payer des hébergeurs… Si derrière le repositionnement est impossible, le site ne peut pas survivre éternellement !
En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

