Hamish Anderson – Everybody


Guitariste habité, songwriter viscéral, Hamish Anderson incarne cette génération d’artistes pour qui l’héritage blues est un langage, non un carcan. Avec Electric, son troisième album, il signe un retour mature, personnel et vibrant. C’est un disque né du silence imposé par le monde, nourri d’introspection, d’errances émotionnelles et d’un amour intact pour la guitare électrique. Parmi ses titres, “Everybody” s’impose comme une bulle d’humanité : une chanson douce-amère, universelle, qui parle à ce qu’il reste de nous quand tout vacille.

Un trait d’union entre nous et l’autre

Une mélodie qui colle à la peau, qui fait pleurer l’âme, Hamish Anderson ne bouleverse point, il donne écho à notre nous intérieur pour qu’il discute avec le vous. Dans Everybody, il n’élève pas la voix, il partage le murmure d’un mal commun. Ce n’est ni un cri ni une prière : c’est un miroir. Le morceau émerge du repli, de cette chambre close où l’on retourne à l’essentiel : une guitare, une peine, une quête de sens. Il n’y a pas de grand frisson ici, mais une lumière tiède, tenace, qui éclaire les petits renoncements et les grandes fatigues. Anderson ne cherche pas à panser : il nomme, il reconnaît, il légitime. Ce qui rend sa musique si juste, c’est qu’elle refuse l’héroïsme émotionnel. Il ne prétend pas aller mieux, il rappelle que c’est normal d’aller mal. Et dans ce geste simple, quelque chose de puissant advient. On est loin des fioritures ou des effets spectaculaires ; ce qu’il propose, c’est une poignée de main silencieuse au fond de la tempête.


Dans cette chanson, c’est la simplicité qui fait mouche. La chanson ne cherche pas à réinventer le spleen, mais elle l’incarne avec justesse. Elle parle du poids des jours gris sans surjeu, en posant un regard lucide sur cette oscillation entre solitude et espoir. Ce qui frappe, c’est cette manière pudique de dire « je vais mal » tout en incluant l’autre dans le récit. Ce n’est pas une plainte, c’est un constat partagé : les émotions ne sont pas une exception, elles sont un trait d’union.

Là où beaucoup sombreraient dans le pathos ou la revendication, Hamish Anderson propose une vision presque fraternelle de la douleur. Il inscrit les épreuves personnelles dans une humanité commune, comme si chaque détresse trouvait un miroir chez l’autre. Ce qui rend cette chanson singulière, c’est son équilibre entre une résignation douce et une promesse de lumière. Elle ne nie ni l’abattement ni le doute, mais elle laisse filtrer une tendresse universelle, presque rassurante. Une chanson qui ne sauve pas, mais qui accompagne.

ENG. Summary

Australian artist Hamish Anderson returns with Everybody, a heartfelt blues-rock track from his new album Electric. Known for his soulful guitar work and raw songwriting, Anderson explores shared pain and inner solitude with subtle grace.
The song doesn’t seek grand gestures but offers comfort through quiet honesty. Everybody captures the emotional weight of longing, while embracing the healing power of music and human connection.


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