Originaire de Los Angeles, New Beat Fund est un trio alternatif composé des frères Jeffrey et Paul LaLiberté, rejoints par Shelby Archer. Naviguant entre pop, rock indé et touches électroniques, le groupe impose une patte reconnaissable : des titres autoproduits, imprévisibles, où l’ironie et l’expérimentation sonore dominent. Leur premier album Sponge Fingerz et le single No Type leur ont ouvert les portes d’une tournée avec Blink 182 et AWOLNATION, ainsi qu’une visibilité nationale. En 2018, Chillanthropy confirme leur ascension, avec des collaborations marquantes (The Driver Era, Two Friends) et une fanbase fidèle. Depuis, New Beat Fund entame une nouvelle phase, plus minimaliste et introspective, amorcée par Look What You’ve Done, où le groupe assume des choix artistiques plus abstraits et épurés.
New Beat Fund : la Californie en mode satirique et autoproduit
Sous ses allures légères et ensoleillées, Valley Girls camoufle une réflexion amère sur la superficialité contemporaine. Le morceau projette une esthétique de liberté feinte, où les émotions semblent dictées par une mise en scène sociale plus que par une intériorité sincère. On navigue dans un monde où l’on « respire le linge propre », où l’existence devient une suite de clichés parfumés, et où les sentiments, réduits à des gestes esthétiques, perdent en densité ce qu’ils gagnent en style. L’émotion, ici, ne se vit pas : elle s’affiche.
Ce que la chanson réussit avec finesse, c’est de peindre un mirage. Une vision idéalisée de la « girl attitude », façonnée par les réseaux, le culte de soi, et un hédonisme en carton-pâte. L’émotion y est canalisée par la forme : rien ne déborde, tout est sous contrôle, même la rébellion. C’est là que réside le contraste : cette quête d’authenticité dans une vie factice. Le rêve californien se mue en caricature, et derrière le désir de vivre « comme les Valley Girls », se dessine une envie d’exister autrement, mais sans jamais oser briser le vernis.
Mélodiquement, New Beat Fund prend à contre-pied les titres solaires habituels pour proposer quelque chose de calme, presque ironique. Ici, on va désacraliser les déesses de l’été. Leur perfection apparente fond sous une lumière tamisée, comme un mirage qui se dissipe au réveil. L’élan pop ne sert pas à exalter, mais à suggérer un vide derrière l’éclat. Ce n’est plus la chaleur de l’été qu’on célèbre, mais son artificialité, sa mise en scène. Chaque détail – du latte à la piscine – sonne comme un motif trop parfait pour être vrai. Ce calme presque détaché donne au morceau un effet miroir : on y entre pour rêver, on en sort avec le goût subtil d’une satire douce-amère. Rien n’est crié, tout est glissé, avec cette élégance désinvolte qui laisse deviner plus qu’elle ne dévoile.
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