La Réparation de Régis Wargnier plonge dans les tourments d’une reconstruction familiale et identitaire, entre héritage culinaire et quête de vérité. Le film suit Clara, interprétée par Julia de Nunez, propulsée à la tête du restaurant étoilé de son père après sa disparition mystérieuse. Deux ans plus tard, une invitation venue de Taïwan l’entraîne dans un voyage où passé et présent s’entrechoquent. Le réalisateur, connu pour ses fresques historiques (Indochine, Est-Ouest), explore ici l’intime à travers les paysages sensoriels de la gastronomie et les non-dits familiaux.

Notre avis sur La réparation
Si vous aimez les films comme L’Homme qui voulait vivre sa vie vous serez conquis. L’esthétique du film est belle, les acteurs donnent le meilleur d’eux-mêmes à travers une riche palette d’émotion. Mais la voix-off ramène le film à son origine littéraire, venant anéantir toute sa force et se perd dans une recherche de classicisme inutile. Essayer de garder son rapport avec le média romanesque est peut-être intéressant, mais quand cela est fait subtilement. Finalement, le film est bon uniquement lorsqu’il cherche à oublier la voix-off narratrice et qu’on laisse l’action se faire sans apporter cette réitération de narration où l’image et la présence des acteurs se suffisent.
Le casting et le jeu d’acteur
Clovis Cornillac incarne avec une sobriété troublante Paskal Jankovski, chef tyrannique et père absent, dont l’ombre plane sur le récit. Julia de Nunez, révélée par ce rôle, captive par sa vulnérabilité et sa détermination muette, traduisant le conflit entre devoir filial et émancipation. Julien de Saint-Jean (Antoine), second au tempérament volcanique, apporte une tension palpable, tandis que J.C. Lin (Lian), figure énigmatique taïwanaise, introduit une ambiguïté culturelle subtile. Les seconds rôles, comme Louis-Do de Lencquesaing en critique gastronomique cynique, enrichissent cette mosaïque de personnages où chaque silence semble peser autant que les dialogues.
Un vrai coup de cœur pour le trio d’acteur Julia, Julien et J.C Lin, qui ne tarderont pas à gravir les échelons dans le monde du cinéma.
L’origine du projet
Inspiré par des récits réels de chefs confrontés à l’héritage familial, le réalisateur a imaginé cette histoire lors d’un voyage en Asie, fasciné par le lien entre cuisine et mémoire. Collaborant avec la scénariste Manon Feuvray (Les Misérables), il intègre des éléments autobiographiques liés à sa propre expérience des secrets familiaux. Le tournage, réalisé entre la France et Taïwan, a exigé un travail méticuleux sur les scènes culinaires, supervisées par des chefs étoilés pour authentifier les gestes. La musique de Romano Musumarra, mêlant partitions classiques et sonorités traditionnelles taïwanaises, renforce cette dialectique entre racines et exil.
Le film marque le grand retour de Régis Wargnier, dix ans après son dernier film. Pour incarner Clara, il choisit Julia de Nunez, révélée dans Bardot, séduisante par son naturel et sa force intérieure : elle porte l’évolution du personnage, de la douleur à la résilience. Le tournage s’est déroulé entre la France et Taïwan, île choisie pour sa richesse sensorielle et sa photogénie. Clovis Cornillac, investi et généreux, s’est formé comme un vrai chef pour mieux incarner son rôle.
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16 avril 2025 en salle | 1h 44min | Drame
De Régis Wargnier |
Par Régis Wargnier, Manon Feuvray
Avec Julia de Nunez, Clovis Cornillac, Julien De Saint-Jean
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Une réflexion sur “La Réparation – Un jeu de piste des saveurs à travers un thriller culinaire.”