Un monde violent de Maxime Caperan, entre humanité et libertarisme existentiel


Un monde violent de Maxime Caperan est une œuvre qui suscite la réflexion et divise l’opinion. Ce premier long-métrage oscille entre perfection et étrangeté, offrant une critique acerbe de notre société contemporaine. À travers l’histoire de deux frères plongés dans une spirale criminelle, le film explore les thèmes de la rébellion contre un système oppressant, de l’aspiration à la liberté et de la quête d’humanité. Malgré une photographie inégale, l’œuvre parvient à traduire avec justesse la rudesse de l’existence et les paradoxes de la condition humaine.

Une quête de liberté pour s’affranchir d’une société destructrice

Ce film laisse perplexe, en effet selon l’angle d’analyse, on peut trouver soit que l’œuvre est parfaite, soit elle est étrange. Le film montre la conséquence d’une société où l’homme n’a aucune ascension sociale possible, toujours exploités : Dans le monde agricole ou dans les centres de tri amazon. Commandé par des voix qui réclament toujours plus et vite.

Les deux frères agissent donc dans une forme de rébellion au système, car ils veulent autre chose qu’une vie de servitude et ne veulent pas finir en HP ou Burn Out. Montrer le crime sous cet angle permet de s’inscrire dans une forme d’existentialisme et aussi une vision libérale des héros qui pense avant tout à leur survie personnelle.

Un monde violent © UFO Distribution
Un monde violent © UFO Distribution

Pourtant, Maxime Caperan va choisir l’Humanité, à la toute fin de son film, soulignant l’absurdité et la fatalité… On ne peut pas battre le système. Beaucoup verront cette fin bancale, mais sous ses faux-airs d’échappatoire au libertarisme existentiel, il donne raison à la société, responsable de toute cette souffrance. Et c’est dans cette quête de liberté que le film propose quelque chose de cohérent, si on admet que choisir son frère (l’Humanité) au lieu de sa propre liberté, soit la seule solution pour ne pas finir seul, mais libre.

Ce qui chagrine cependant, c’est la photographie, elle est belle dans les scènes de nuit extérieure, mais le reste est souvent très granuleux avec du bruit numérique. Après, cela peut traduire combien la vie peut être rude et sale ! Révélant ainsi l’éternel paradoxe entre la liberté et la société, la solitude et l’évasion, l’amour et l’indépendance.

Un film en nuance de gris où chacun verra selon sa sensibilité un angle d’analyse. Réussite ou supercherie à base de cascades et de courses poursuite, l’œuvre demeure touchante montrant la vie des oubliés vivants dans la précarité et une vie épuisante .

Deux notions à comprendre, avec des nuances qui les différencient :
Le libéralisme existentiel combine liberté individuelle et responsabilité envers autrui, prônant une société dans laquelle chacun construit sa vie tout en respectant les droits et la dignité des autres.
Tandis que le libertarisme existentiel valorise une liberté totale, où l’individu agit selon ses choix sans se soucier des conséquences pour les autres ou des normes collectives.
L’un inclut l’éthique sociale, l’autre s’en affranchit.

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Note : 3.5 sur 5.

29 janvier 2025 en salle | 1h 25min | Drame
De Maxime Caperan | 
Par Maxime Caperan, Thomas Finkielkraut
Avec Kacey Mottet Klein, Félix Maritaud, Olivia Côte


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