L’EP 90 Beats Per Minute de Cherry Makes Waves, sorti le 11 novembre 2024, est une véritable pépite musicale qui sait captiver l’attention des mélomanes et des critiques. Ce projet conceptuel audacieux comprend cinq titres, tous ancrés dans un tempo constant de 90 battements par minute, démontrant ainsi la créativité et l’ingéniosité de l’artiste d’origine lettone. Cherry Makes Waves, connue pour son approche novatrice en tant que productrice et artiste visuelle. Ici, elle a réussi à créer un voyage sonore captivant qui transcende les frontières des genres, allant de la pop indie rêveuse au rock artistique, en passant par le trip-hop aux influences tribales.
Une belle surprise musicale et « un petit bijou comme venu des années 90. L’EP évoque habilement l’esprit de cette décennie tout en conservant une production contemporaine, créant ainsi un pont entre les époques. La voix envoûtante de Cherry et sa manière unique de composer peuvent sans rougir susciter des comparaisons flatteuses avec des icônes telles que Cyndi Lauper et le groupe rock Garbage, tout en affirmant son identité artistique propre.
SPACEMAN – Une entrée en matière !
Cette chanson explore des sentiments de dualité et d’intensité émotionnelle. Les mots évoquent une quête de connexion tout en luttant avec la solitude et l’incertitude.
Le « space » répété reflète un désir d’évasion ou de liberté intérieure. Les métaphores comme « storm » et « neural neurons » traduisent une tension intérieure et des aspirations au changement, tandis que d’autres parties de la chanson expriment une vulnérabilité poignante. En écoutant cette chanson, on peut y voir comme le récit d’un voyage introspectif entre désir, lutte et recherche d’unité.
Phaeton, une lutte entre le désir d’être authentique et les impacts des regards
Le second titre est peut-être ce qui est le plus surprenant. Un rythme et un côté très organique rappelant un peu la BO du film La Reine des Damnés, composée par Jonathan Davis. Un enchainement de batterie et une émotion dans la lassitude de la douleur.
La chanson évoque un profond sentiment de frustration face à l’incompréhension et au jugement des autres. Elle invite l’auditeur à essayer de se placer dans la peau de l’autre avant de le juger. Tout cela souligne la difficulté de vivre avec des blessures invisibles. En effet, on a tendance à juger les gens, sans connaitre leur histoire et le chemin qu’ils ont emprunté !
Le narrateur se bat pour être compris et exprime des sentiments de vulnérabilité malgré la force qui émane celle de la résilience. Les images de « poursuivre le soleil » et « brûler en s’approchant » symbolisent une quête de lumière et de vérité, mais aussi le prix émotionnel à payer pour cette proximité. C’est une lutte entre le désir d’être authentique et les impacts des critiques extérieures.
BIG LEAGUE – Pour une affirmation de soi
La chanson évoque l’ascension personnelle et la résilience face à l’adversité, symbolisée par l’expression «I’m in the big league ».
L’individu, souvent sous-estimé ou jugé, affirme sa force intérieure et son indépendance. La chanson critique les relations opportunistes où l’autre n’apparaît que par intérêt, tout en célébrant l’émancipation et la quête de vérité. La singularité réside dans le contraste entre vulnérabilité et puissance, soulignant la capacité à surmonter les doutes et les paroles blessantes pour s’affirmer.
Dans cette chanson, on peut dire que les gens forts sont ceux qui savent se relever malgré les épreuves. La Big League est celle des survivants, ceux qui vont montrer la compétence à se relever. La vraie puissance vient de la persévérance et de la confiance en soi, même lorsque tout semble aller contre nous.
On a aimé le passage où l’on épelle le mot BIG LEAGUE, un peu comme dans les matchs de sports américains, où les cheerleaders vont épeler le nom des joueurs et des équipes, ou simplement « V-I-C-T-O-I-R-E» pour Victoire.
Home, pas simplement une maison, mais un concept
Le mot HOME dans cette chanson dépasse la simple notion d’un lieu physique pour devenir un espace d’appartenance, de refuge et d’authenticité. C’est un concept, un lieu de protection et aussi celui où l’on peut être soi.
Le protagoniste associe home à une personne, incarnant l’amour, la sécurité et l’accomplissement. Chaque ligne « cachée » chez lui évoque une intimité profonde, révélée dans la confiance. L’attente de cet amour longtemps espéré se mêle à une vulnérabilité sincère : « ne me brise pas, rends-moi entier ». Ici, home est un symbole de rédemption et de plénitude, où l’union restaure l’âme.
On a beaucoup pensé à cette image, de celui qui malgré toutes les épreuves de la vie n’est bien que chez lui, parmi les siens ou simplement avec ces éléments qui lui permettent de se retrouver. « Home Sweet Home » comme disent les anglais.
90 Beats Per Minute – le conflit et sa solution
Cette chanson explore l’amour comme solution universelle aux conflits et à la peur, en mêlant fragilité et espoir.
Les paroles jouent sur la dualité entre la timidité personnelle et l’urgence collective de démolir les murs invisibles que nous érigeons. Originale et pourtant simple, cette chanson s’écarte des ballades amoureuses classiques en adoptant une perspective globale et introspective, utilisant des répétitions et une progression émotionnelle pour souligner la puissance unificatrice de l’amour face à l’adversité.
L’EP 90 Beats Per Minute est une démonstration éclatante de la capacité de Cherry Makes Waves à repousser les limites créatives, offrant une expérience musicale à la fois cohérente dans son concept et diversifiée dans son expression émotionnelle.
Un Ep très intense, très organique et très introspectif. Sa leçon d’humilité et aussi de courage ne laisse personne indifférent, l’Amour comme remède universel apporte un point final à ce voyage dans un univers singulier et si généreux. On a pensé à Jonathan Davis, Garbage ou encore Cindy Lauper, mais ce projet n’est pas uniquement un EP ouvert aux comparaisons. Il offre un nouveau regard sur ce que l’on connait déjà, mais qu’on a fini par oublier. Comme le disaient si bien les paroles de Fermons les yeux du groupe Kyo sur la musique du Thème de Danse avec les loups, il faut parfois apprendre à fermer les yeux pour voir au-delà du visage. Nous sommes tellement enfermés dans nos peurs, nos certitudes que l’on finit par ne plus voir l’amour, les chances, les évidences qui nous entourent. Alors fermons les yeux !
EP disponible sur Youtube et Spotify
This review was made possible by SubmitHub
En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.


