Un film explosif, Megan Northam est dans un jeu complexe autant que la problématique du film. L’actrice était bouleversante dans Pendant ce temps sur Terre, ici, elle confirme être l’une des révélations de cette décennie ! On est vraiment en immersion dans un huis-clos où l’on découvre les méthodes d’endoctrinement et comment on instrumentalise la détresse et les failles des femmes occidentales pour les faire entrer dans ce Djihad.
C’est une guerre religieuse, mais de l’âme et du psyché.
Le film de Mareike Engelhardt met en lumière une guerre religieuse qui se joue avant tout dans l’âme et la psyché des personnages, en particulier celui de Jessica, une jeune Française de 19 ans partie rejoindre Daech en Syrie. Cette guerre intérieure se manifeste à travers le processus de radicalisation et d’endoctrinement que subit Jessica dans une maison de futures épouses de combattants à Raqqa.

Le film explore les mécanismes psychologiques complexes qui poussent une jeune femme à quitter son pays pour une idéologie extrémiste, révélant ainsi les conflits internes entre ses aspirations, ses croyances et la réalité brutale à laquelle elle est confrontée. La transformation de Jessica, rebaptisée Oum Rabia (« la rage »), illustre le combat qui se livre dans son esprit, entre son identité d’origine et celle qu’on lui impose.
Cette guerre psychologique prend une dimension encore plus profonde à travers la relation perverse qui s’établit entre Jessica et Madame, la directrice charismatique de la maison. Incarnée par Lubna Azabal, Madame représente une figure à la fois prédicatrice et dominatrice, fanatique et cruelle, qui exerce une emprise psychologique sur les jeunes femmes. Le film dévoile ainsi les mécanismes de manipulation mentale et de domination qui sont au cœur de l’endoctrinement religieux extrémiste.
En montrant comment Jessica passe du statut de victime à celui de tortionnaire, le film expose la « fabrique du bourreau » et les ravages psychologiques causés par cette guerre intérieure, où les frontières entre le bien et le mal, la foi et le fanatisme, deviennent floues.

On brise, on détruit et on remodèle l’esprit
On brise, on détruit toute forme d’humanité et de pensée pour en faire des épouses machines, un cadeau offert sur un plateau à ces guerriers. Ici, c’est plus ou moins le moyen d’avoir des descendants qu’on éduquera dans une religion instrumentalisée et dans un monde fermé.
Selon des études réalisées sur ces victimes, elles sont brisées et il est difficile de revenir en arrière. Quant aux hommes, on observe une régression, comme des enfants, et ils vivent dans une dissonance cognitive, sans repère et sans capacité à se défendre.
Rabia offre une plongée saisissante dans les abysses de l’âme humaine, confrontée aux extrêmes de la radicalisation religieuse. Un film bouleversant et tenu par une comédienne hors pair. Une œuvre nécessaire pour comprendre le mécanisme et la difficile possibilité de fuir ce système. Une fois dedans, tout est fait pour ne pas en sortir.
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27 novembre 2024 en salle | 1h 34min | Drame, Thriller
De Mareike Engelhardt |
Par Mareike Engelhardt, Samuel Doux
Avec Megan Northam, Lubna Azabal, Natacha Krief
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2 réflexions sur “RABIA – la révélation de l’année Megan Northam, dans un drame psychologique sur l’endoctrinement”