Un film de transformation, celle de Donald en Trump et aussi des transformations physiques des acteurs et des actrices. Sebastian Stan devient Trump dans sa posture, gestuelle et manière de parler. Et Jeremy Strong se métamorphosant en Roy Cohn est stupéfiant.

La transformation de Donald en Trump permet de voir comment un fils d’entrepreneur va peu à peu devenir un personnage, un être à la fois détesté et admiré par une Amérique qui va mal. Son combat pour faire revivre certains quartiers de New York dont Manhattan est le point de départ du film. Il croit en l’Amérique et la phrase légendaire America First empruntée à l’idéologie du Nativiste Parti Americain de 1850. Cela dévoile un peu (voir clairement) le fond de la pensée du golden boy, qui ne croit qu’en la vérité qu’il se construit, celle qu’il promulgue et crée. Mais toute cette hargne ne sort pas de nulle part, le film dévoile l’origine des 3 règles (Règle n°1 : Attaquer. Attaquer. Attaquer. Règle n°2 : Ne rien reconnaître. Tout nier en bloc. Règle n°3 : Revendiquer la victoire et ne jamais reconnaître la défaite.) et comment Donald va peu à peu se perdre dans un personnage qu’il a créé en s’appropriant la vision de son mentor Roy Cohn.
Un film sur le fascinant et détesté Donald Trump et sa relation avec Roy Cohn
Si l’élève dépasse le maitre et devient un monstre, c’est peut-être qu’en ayant trop alimenté les fantasmes d’un Icare, qui s’est brulé les ailes en se pensant être Prométhée. Pourtant, même si on connait déjà le début et l’aboutissant de l’histoire du milliardaire, on veut quand même comprendre, voir et saisir son origin story, celle du moment où il est devenu cet homme.
La fascination qu’exerce Donald Trump est en partie renforcé par le portrait complexe et nuancé que dresse Ali Abbasi dans son film. Le réalisateur évite soigneusement la caricature facile pour offrir une plongée fascinante dans la psyché d’un homme en devenir. Le film retrace l’ascension du jeune Trump, alors simple fils de promoteur immobilier, vers le statut de magnat impitoyable qu’on connaît aujourd’hui. Cette transformation est présentée comme le fruit d’un « pacte faustien » avec l’avocat conservateur Roy Cohn, brillamment interprété par Jeremy Strong.
The Apprentice ne cherche pas à écraser son sujet avec méchanceté ou médisance, mais tente plutôt d’élaborer un portrait juste et pertinent d’un « mythe » controversé. Le film met en lumière les multiples facettes de Trump : son côté « looser endimanché » au début, son manque de confiance en lui, sa maladresse grotesque, mais aussi son ambition dévorante et sa capacité à mentir et à trahir sans scrupules. Cette approche nuancée, portée par l’interprétation tout en retenue de Sebastian Stan, permet de mieux comprendre l’origine de cette personnalité excessive qui continue de fasciner, pour le meilleur et pour le pire.
Un film qui ne laisse personne indifférent autant que son protagoniste voulant être un tueur et non un looser !

____________
9 octobre 2024 en salle | 2h 00min | Drame
De Ali Abbasi |
Par Gabriel Sherman
Avec Sebastian Stan, Jeremy Strong, Maria Bakalova
En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.


Une réflexion sur “On a vu pour vous THE APPRENTICE d’Ali Abbasi”