Ce film dévoile le pouvoir salvateur de l’Art, de la création. Au-delà de l’aspect cathartique, Niki mannequin, artiste en construction, va devenir Niki de Saint Phalle. Celine Sallette dévoile le quotidien de la plasticienne, la montre tâtonner pour trouver son style et aussi apprendre à construire pour mieux déconstruire. De la femme fragile et instable à l’icône de l’Art en dehors des conventions, celui qui bouleverse les codes.

Charlotte Le Bon devient Niki, semble se perdre dans ce personnage jusqu’à changer sa manière de marcher. Au-delà de son aspect biographique, le film apporte également une critique de la société et de la masculinité toxique et parasite.
Céline Sallett met en lumière la façon dont la société patriarcale peut être destructrice, en se concentrant sur la période où Niki de Saint Phalle est devenue artiste. En choisissant de raconter l’histoire de cette icône féministe, la réalisatrice explore les obstacles et les préjugés auxquels Niki a dû faire face dans un monde de l’art dominé par les hommes. Le film montre comment la société a tenté de limiter l’expression artistique de Niki, en particulier ses œuvres provocantes et ses performances qui remettaient en question les normes sociales. Un biopic fracassant mettant en évidence les luttes personnelles de l’artiste, notamment son combat contre les traumatismes de son enfance, et comment elle a utilisé son art comme moyen de résistance et d’émancipation face à une société oppressive.
Du viol, de la mort à la renaissance. Cette suite nous a fait penser à Death to Birth du groupe Pagoda.
Niki est un électrochoc aussi violent que ces séances de sismothérapie imposée à une femme cassée par des épisodes sombres de son passé. Et ces épisodes progressivement venant la faire comprendre beaucoup sur elle-même et qui elle est.Au point où elle va décider de faire saigner la toile. Elle est née, elle fait saigner son œuvre et créer une forme d’Art interactive.

Elle baptisa cela le Shooting Paintings. Lorsque les projectiles touchaient la toile, ils faisaient éclater ces contenants, faisant ainsi « saigner » et « pleurer » la peinture sur la surface. Cette technique permettait à l’artiste d’exprimer son agressivité de manière artistique. Elle décrivait ce processus comme « un meurtre sans victime ». L’artiste expliquait avoir tiré symboliquement sur diverses cibles : son père, les hommes, l’Église, la société, et même elle-même. Les « Tirs » ont apporté à Niki de Saint Phalle une renommée internationale et lui ont valu d’être accueillie au sein du mouvement des nouveaux réalistes. Cette série d’œuvres représentait pour l’artiste un moyen d’exprimer sa colère et ses frustrations de manière créative et cathartique.
Des œuvres qu’on devine, mais que l’on ne voit pas.
À découvrir, à redécouvrir, malgré la quasi-absence de manière frontale des œuvres de l’artiste, la réalisatrice arrive à créer un voile de mystère qui donne l’envie d’aller se perdre dans Le jardin des tarots. Un film qui montre peu des œuvres, mais apprend beaucoup aux spectateurs sur le passé et les motivations de cette artiste abimée qui utilisa l’Art comme moyen de reconstruction et de renaissance !
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9 octobre 2024 en salle | 1h 38min | Biopic
De Céline Sallette |
Par Céline Sallette, Samuel Doux
Avec Charlotte Le Bon, John Robinson (IV), Damien Bonnard
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Une réflexion sur “Niki, quand Céline Sallette redonne vie à l’une des plus grandes artistes plasticiennes”