Sorti sur Netflix le 27 novembre 2020, N’écoute pas (Voces), réalisé par Ángel Gomez et écrit par Santiago Díaz, s’inscrit dans la longue lignée des films d’épouvante-horreur et de thrillers paranormaux. Avec un casting mené par Rodolfo Sancho, Belén Fabra, et Lucas Blas, le film démarre avec une ambiance sombre et mystérieuse, plongeant rapidement le spectateur dans un monde où l’inexplicable règne en maître. Cependant, malgré un début prometteur et une atmosphère soigneusement construite, N’écoute pas finit par s’effondrer sous le poids de sa propre prévisibilité, offrant une conclusion qui ne parvient pas à se hisser à la hauteur de ses ambitions initiales.

Dès ses premières minutes, N’écoute pas capte l’attention grâce à une introduction efficace du paranormal. La mise en scène, combinée à une utilisation habile des éléments visuels et sonores, instaure une tension palpable, immergeant le spectateur dans une ambiance inquiétante. Les premières scènes, riches en mystère, laissent présager une exploration profonde de l’inconnu, promettant des frissons et une intrigue captivante. Toutefois, à mesure que le film progresse, les promesses d’une expérience horrifique innovante commencent à s’étioler.
Le film, malgré un début engageant, se heurte rapidement à des problèmes de narration. Alors qu’il développe ses thèmes et ses personnages, il introduit un twist qui, loin de surprendre, s’avère prévisible et manque de l’originalité nécessaire pour marquer durablement les esprits. Ce revirement narratif, qui aurait dû rehausser l’intrigue, tombe malheureusement à plat, recyclant des idées déjà vues dans d’autres œuvres du même genre. Au lieu de surprendre, le film retombe dans des clichés familiers, diminuant l’impact de la tension accumulée.
Le scénario, bien qu’il repose sur des bases solides, se montre trop conventionnel dans sa conclusion. Là où le film aurait pu offrir une nouvelle perspective sur le paranormal, il se contente de répéter des schémas narratifs connus, ce qui réduit considérablement l’effet de surprise et l’émotion que l’on pourrait attendre d’une telle œuvre. L’absence d’originalité dans le twist final laisse un goût amer, d’autant plus que le film semblait promettre beaucoup plus dans ses premières minutes. On a l’impression de revoir tous ces films parlant de sorcières.
N’écoute pas – les voix des fantômes
Le film offre deux films en un. Du moins deux grandes périodes. L’un parle d’un enfant qui entend des chose, puis à sa mort les choses s’accèlèrent. On a alors la présentation du phénomène d’enregistrement de voix sur des bandes et des fréquences. La Méthode d’Enregistrement Fantôme (EVP) et l’Instrumental TransCommunication (ITC) sont deux approches dans la recherche paranormale, présentant des différences notables. L’EVP se concentre sur la capture de sons ou de voix supposés paranormaux via des enregistreurs audio simples. Les sons enregistrés ne sont généralement détectables qu’à la réécoute, et cette méthode est considérée comme relativement accessible. En revanche, l’ITC utilise un éventail plus large d’appareils électroniques, tels que des radios, télévisions et ordinateurs, visant à établir une communication bidirectionnelle avec des entités. Elle peut générer des manifestations visuelles en plus des sons, et est perçue comme plus avancée et complexe. Alors que l’EVP se limite aux phénomènes audio et aux messages unidirectionnels, l’ITC vise des interactions plus riches. Ces deux techniques restent cependant controversées et ne sont pas validées scientifiquement.

Des sorcières et des fantômes
La réception critique de N’écoute pas a été mitigée, reflétant la dichotomie entre un début prometteur et une fin décevante. Certains spectateurs ont salué l’atmosphère tendue et la montée progressive de la tension, appréciant l’efficacité des premières scènes paranormales. Toutefois, nombreux sont ceux qui ont critiqué la prévisibilité du twist final, le jugeant en décalage avec les attentes suscitées par le début du film. La presse, de son côté, a partagé des avis variés : si la réalisation et les performances des acteurs ont été louées, le manque d’originalité du scénario a souvent été souligné, comparant N’écoute pas à des œuvres telles que La Maison du diable ou Insidious, qui, malgré des prémisses similaires, ont su offrir des conclusions plus mémorables.
En fin de compte, N’écoute pas (Voces) est un film qui, malgré ses débuts prometteurs et son atmosphère immersive, échoue à délivrer une conclusion satisfaisante. Tout s’accèlère et on passe d’un monde où Il rappelle que, dans le cinéma d’horreur, le véritable défi ne réside pas uniquement dans la création d’une atmosphère angoissante, mais aussi dans la capacité à surprendre et à innover. Bien que les amateurs de frissons puissent trouver leur compte dans les premières parties du film, ils risquent de rester sur leur faim une fois le mystère dissipé.
En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

