Pourquoi la France et l’Amérique du Nord sont si différentes dans leur rapport aux médias traditionnels ?
Analyse des différences entre les États-Unis, le Canada et la France
Influence des médias numériques
Aux États-Unis et au Canada, les blogs, webzines, podcasts et radios universitaires jouent un rôle crucial dans le marketing des films. Ces plateformes offrent une diversité de voix et de contenus qui attirent un public engagé, souvent plus réceptif aux recommandations de ces médias alternatifs qu’à celles des médias traditionnels 1. Les podcasts, par exemple, ont gagné en popularité et sont devenus un moyen efficace de toucher des audiences spécifiques, permettant aux distributeurs de films de cibler des niches de marché2.
Aux USA et Canada, la vie de la communauté tourne autour des sports locaux et des activités proposées par les écoles-université-lycée : Les radios universitaires et celles des lycées-collèges jouent un rôle essentiel dans le paysage médiatique américain, en grande partie grâce à l’importance accordée au sport universitaire et aux équipes locales. Dans de nombreuses communautés, les événements sportifs, qu’il s’agisse de matchs de football, de basketball ou d’autres disciplines, occupent une place centrale dans la vie sociale et culturelle. Ces stations de radio, souvent gérées par des étudiants, offrent une couverture en direct des compétitions, des analyses et des commentaires qui résonnent avec les passions locales. Cette proximité avec les équipes et les athlètes permet aux auditeurs de se sentir connectés, renforçant ainsi l’identité communautaire. De plus, les radios universitaires servent de tremplin pour les talents émergents, tout en créant une plateforme pour les discussions sur des sujets variés, ce qui contribue à leur popularité et à leur poids dans le marketing local et dans le soutien aux films et événements culturels.
Concentration sur les médias traditionnels en France
En revanche, en France, le paysage médiatique reste largement dominé par la télévision, la radio et la presse écrite. Les distributeurs de films s’appuient principalement sur ces canaux traditionnels pour atteindre le public, ce qui peut limiter leur portée et leur capacité à engager des audiences plus jeunes qui se tournent vers des contenus numériques. De plus, la saturation des médias traditionnels rend difficile pour les films moins connus de se démarquer, ce qui peut nuire à leur succès commercial 3.

Rôle des influenceurs et évolution du web
Un autre facteur important est l’essor des influenceurs sur les réseaux sociaux, qui ont tendance à capter l’attention du public au détriment des blogs et webzines plus traditionnels. En France, cette dynamique a conduit à une forme de « monopolisation » de l’attention médiatique par les influenceurs, rendant les plateformes plus anciennes moins pertinentes4. Cela a pour effet de réduire la diversité des voix dans le marketing cinématographique, car les distributeurs peuvent privilégier des partenariats avec des influenceurs plutôt qu’avec des médias plus établis.
Les pure players et le modèle de micro paiement utilisé par les curator/influencer
Bien souvent, les pureplayers ont dû développer une stratégie digitale plus orientée vers la création de contenu comme des vidéos, des podcasts et aussi des visuels de l’actualité en continu sur les réseaux sociaux. Oui, car beaucoup de lecteurs ne suivent l’actualité de leur média qu’à travers TikTok, Instagram ou Youtube. Un bloguer traditionnel, un webzine traditionnel ne peut donc plus se reposer en France sur le canal unique des alertes par mail.
Chose étrange, effectivement aux USA/Canada la tendance est de chercher à obtenir une information de quelqu’un que l’on a choisie, on constate même une hausse des souscriptions à des mailings par abonnement. De nombreuses personnalités publiques ont lancé des newsletters avec abonnement 5,10,20$ via le leader Substack, qui propose une interface similaire aux différentes applications permettant de donner des tips mensuels aux créateurs de contenus. Pour mieux comprendre cela, on vous invite à lire notre article sur les différents modèles.
La France s’y met depuis peu avec Kessel, mais encore aujourd’hui, Substack reste leader sur son domaine !
Les USA et les Talk Show, des passionnés curateurs !
Les talk shows américains et les chaînes en direct sous format podcast ont gagné en popularité grâce à leur approche franche et sans filtre. Les animateurs et les invités expriment librement leurs opinions sur divers sujets, ce qui attire un public avide de contenu authentique et engageant. Cette dynamique explique pourquoi les studios de cinéma préfèrent souvent s’associer à ces curators, qui sont perçus comme plus authentiques et moins influençables que les influenceurs à la française. En effet, ces curators, bien qu’ils dépendent également de la publicité et des sponsors pour leur revenu (et aussi des producteurs au sens traditionnel), conservent un niveau d’intégrité et d’engagement envers leur audience qui les distingue des influenceurs plus commerciaux. Leur capacité à engager des discussions sincères et pertinentes fait d’eux des partenaires précieux pour les studios, car ils peuvent générer un véritable buzz autour des films tout en restant fidèles à leurs valeurs.
Bien comprendre la différence
En résumé, la différence d’approche entre les États-Unis, le Canada et la France en matière de marketing cinématographique peut être attribuée à l’influence croissante des médias numériques en Amérique du Nord, par rapport à la domination persistante des médias traditionnels en France. L’essor des influenceurs sur les réseaux sociaux a modifié le paysage médiatique français, rendant les blogs et webzines moins visibles et pertinents.
Les journalistes et rédacteurs de contenus web souvent en concurrence | Edito par Julien Vachon
Beaucoup critiquent les nouveaux médias en ligne simplement parce qu’ils dépendent de la publicité ou de partenariats rémunérés. Si l’achat d’articles est mal perçu, la presse traditionnelle bénéficie également de cadeaux et voyages de presse pour obtenir des articles. De plus, la plupart des médias imprimés et radiodiffusés ont désormais une présence en ligne similaire aux blogueurs, webzines ou pure players.
Il est regrettable de voir un dénigrement constant du web en raison du non-professionnalisme de certains blogs et médias. Il est important de noter que de nombreux journalistes du print se tournent vers les podcasts et d’autres nouveaux médias. Des acteurs tels que Brut ont révolutionné le paysage en s’inspirant des médias américains utilisant des formats variés tels que radio pirate, radio indépendante, et plateformes comme shoutcast.
La méfiance envers le web peut être attribuée à son caractère décentralisé, avec une hiérarchie moins stricte. Bien que de nombreux médias en ligne adoptent rapidement les pratiques éditoriales traditionnelles, avec des plannings, des revues de presse et des dates de bouclage certes moins strictes que dans l’imprimé. Est-ce de la jalousie ou de la méfiance envers ce nouveau format ? Ou simplement la peur du changement ?
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Une réflexion sur “La typologie des médias traditionnels français et outre atlantique”