Un véritable cri du cœur – Un film d’une puissance et plein de courage. Celui de se battre pour la liberté et contre l’hypocrisie des dictatures. L’actrice et réalisatrice Zar Amir Ebrahimi est à son excellence et Arienne Mandi la grande surprise de ce film. Zar Amir et Guy Nattiv par ce film, arrivent à nous entrainer dans un conflit d’intérêt politique en plein cœur d’un tournoi international, soulignant la non-existence des citoyens iraniens devant agir comme des pions pour le régime.

Tatami, immersion dans le monde du sport et la politique iranienne
Le film nous pousse à nous questionner sur la liberté de penser, la liberté d’entreprendre. Ici, le sport censé être un moment d’égalité total, sans pression politique, se heurte à l’influence du noyau dur du pouvoir en Iran. Tatami dévoile la pression de la dictature, la menace sur la famille et les proches. Dans ce scénario sombre tourné en noir et blanc, on retrouve un peu de l’enfer subi par Zar Amir Ebrahimi. Cette actrice a dû fuir l’Iran suite à la fuite d’une sex tape mise en ligne par un comédien rival. Elle du subir des pressions, du chantage et tout son entourage professionnel a été sans cesse harcelé et broyer par le système. Victime, mais condamnée par le régime.
La loi iranienne interdit aux athlètes de confronter des adversaires israéliens, imposant des abandons forcés pour éviter ces rencontres. Les athlètes iraniens, sous pression du régime, doivent simuler des blessures pour éviter de violer cette interdiction. Cette pratique met en jeu leur liberté et celle de leurs familles.
On notera également le choix de donner à Leila un mari progressiste qui donne toute la liberté à sa femme de travailler, de pratiquer le sport. Incarné par l’acteur franco-iranien Ash Goldeh. Ce choix n’est pas anodin, il permet de montrer l’oppression quotidienne imposée aux femmes. Cet élément vient apporter encore plus de poids à la conclusion du film, qui s’érige en un véritable appel à se battre contre l’hypocrisie des doctrines totalitaires.

Un film intime et inspiré de faits réels
Le film est né de la collaboration unique entre Guy Nattiv, réalisateur israélien, et Zar Amir, actrice et réalisatrice iranienne. Leur rencontre s’est faite autour de la volonté de raconter l’histoire de Leila, une judokate iranienne confrontée à un dilemme imposé par le régime de son pays.
Leur projet est profondément influencé par leurs parcours personnels. Zar Amir, forte de son expérience dans des films abordant les réalités iraniennes, a apporté une authenticité indispensable au récit, inspiré par le parcours de véritables athlètes iraniennes ayant défié les interdictions de leur gouvernement. Guy Nattiv, sensible aux tensions politiques entre Israël et l’Iran, a vu dans cette histoire une manière de montrer la puissance de l’art pour transcender les conflits. Ensemble, ils ont construit Tatami comme un hommage à ceux qui se battent pour la liberté et les droits humains, utilisant leur expertise cinématographique pour capturer l’intensité d’un conflit intérieur et d’une lutte pour la justice.
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4 septembre 2024 en salle | 1h 43min | Drame
De Zar Amir Ebrahimi, Guy Nattiv |
Par Guy Nattiv, Elham Erfani
Avec Arienne Mandi, Zar Amir Ebrahimi, Ash Goldeh
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