Diner à l’anglaise, connaissez-vous vos amis ?


Un film bien plus sombre qu’il n’y paraît, évoquant les noirceurs de l’âme, les failles et limites de l’amitié.
Chacun des protagonistes est l’archétype d’un pilier de la société (femme au foyer, avocat, homme d’affaires, architecte, artiste, journaliste/romancière…). Mais soudainement mis face à la mortalité de leur être. Ils vont devoir comprendre la maxime que l’on ne traine pas toute sa vie le cadavre de son père, mais ici au sens propre, et ce dernier n’est pas leur paternel, mais leur amie.

L’amitié au fil des années se distord et Diner à l’anglaise arrive à montrer la face sombre de chacun des protagonistes. On est soit celui qui apporte l’argent durant les coups durs, soit celui qui est souvent le pommé de la bande. Pourtant, chacun des piliers est nécessaire et c’est étrange, car progressivement, on se rend compte que chacun de nos proches ont besoin de cette stabilité dans la hiérarchie de la réussite.

« Baser sa stabilité émotionnelle sur les échecs d’autrui n’est pas une bonne stratégie » clamait Zerocalcare dans À découper en suivant les pointillés. Cette même problématique de la dynamique est présente dans Le bonheur des uns, où une jeune vendeuse va sortir un bestseller, mais elle découvre rapidement que tous ses proches ne sont pas prêts à la voir réussir.

Ici, nous avons une jeune femme qui va écrire sur ses échecs ; sur ses relations d’amour jetables et aussi ses mésaventures avec l’alcool et la drogue. C’est une réussite, les gens l’aiment, du moins le personnage du livre. Une journaliste publiant un roman autobiographique en ajoutant du vrai et du faux, cela attise les fantasmes. Et ses propres amis masculins se battent pour savoir qui est l’Homme qui lui a brisé le cœur. Une guerre d’Ego au cœur d’une tragédie du quotidien, celle d’une femme qui en décidant de passer l’arme à gauche va réveiller toute la cupidité du groupe.

Côté casting : Shirley Henderson et Rufus Seweel sont explosifs et font face à l’indomptable Indrira Varma, dans le rôle d’une journaliste qui aime bruler la chandelle par les deux bouts ! On rit un peu, mon se laisse prendre au jeu de ce film so British, qui pourtant partage un sujet universel : L’amitié à l’âge adulte, ce moment où l’on se bat pour préserver les apparences.

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Note : 5 sur 5.

17 juillet 2024 en salle | 1h 30min | Drame
De Matt Winn | 
Par Matt Winn, James Handel
Avec Rufus Sewell, Shirley Henderson, Olivia Williams
Titre original The Trouble With Jessica


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