Dos Madres, – Comment ça aurait été avec toi ?


Sous l’aspect de drame autour d’une vengeance contre une institution Dos Madres traite avec finesse le questionnement d’un enfant adopté, de la mère biologique et adoptive. Leur point de vue, leurs peurs et leurs craintes. Au-delà de toute la tempête d’émotion, un mot d’ordre, l’amour pour un fils et de la reconnaissance pour cette autre mère.

Dos Madres, de Víctor Iriarte, s’inspire d’une histoire réelle d’anciens pensionnaires découvrant l’identité de leurs mères biologiques, révélée dans un article d’El País en 1996. Iriarte explore l’humanité et la profondeur émotionnelle de ces retrouvailles, ancrées dans les crimes de l’Espagne franquiste. Le film suit deux mères, l’une biologique et l’autre adoptive, et leur fils, explorant leur passé commun et leur quête de vérité et de réconciliation. Cette genèse mêle éléments personnels et historiques, mettant en scène des personnages façonnés par des vérités cachées et des liens complexes, offrant un récit à la fois politique et intime, rempli de secrets et de découvertes.

Nous sommes surpris de la complicité des deux mères, car bien souvent la mère adoptive vit avec trouble l’arrivée de la mère biologique, avec l’angoisse que l’enfant finisse par la délaisser. Le film rappelle qu’il y a cette position unique et exceptionnelle, d’avoir deux mères et deux fois plus d’amour à recevoir, mais à donner.

Le film arrive à dresser beaucoup de thématique comme les réseaux de certificats et acte de décès/naissance falsifié et les trafics d’enfant. L’usage et apprentissage de la sténographie. La partie la plus précieuse du film est sans doute la manière d’aborder la construction difficile de l’identité des enfants adoptés, qui se fait avec des parts d’ombres. Il y a des millions de questions et quand il peut avoir des réponses, il se retrouve dans une hyper-activité, avec beaucoup de question sur les goûts, le quotidien, les passions. Mais il y a toujours cette éternelle question  » Comment ça aurait été s’il avait grandi avec son parent biologique ?« .

Les actrices sont dans un jeu juste et sans fausses notes, on suit le périple de ces deux femmes prises au piège d’un système véreux. Le choix de la réalisation est très esthétique, avec beaucoup de moment où le symbolisme prend le dessus sur le Naturalisme. C’est peut-être par le non-réalisme que les sentiments trouvent leur espace d’expression et de raisonnement.

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Note : 4 sur 5.

17 juillet 2024 en salle | 1h 49min | Drame
De Víctor Iriarte | 
Par Víctor Iriarte, Isa Campo
Avec Lola Dueñas, Ana Torrent, Manuel Egozkue
Titre original Sobre todo de noche


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