Romain de Saint-Blanquat propose un exercice de style réussi. LA MORSURE, présenté hors compétition au Gérardmer 2024, est un conte fantastique et initiatique sur l’éternelle peur de grandir et de mourir à travers le mythe du vampire.
L’histoire se déroule durant la semaine des cendres et évoque différents personnages comme Jeanne D’Arc. On saluera la qualité de la photographie, l’esthétique et les références aux films mythiques comme Nosferatu à travers les jeux d’ombres portées.
Habituellement, dans les films de genre, nous n’avons que des récits autour d’Halloween ou une fête purement anglo-saxon. La semaine des cendres est pourtant riche en symbolique, fonctionnement souvent par des opposés et des couples : Mort et repentance, Renouveau et purification, Humilité et dépouillement, Communauté et solidarité, Espoir et anticipation etc…

Une héroïne romantique
Notre héroïne voit des choses et a le sentiment qu’elle va mourir avant sa majorité. Elle rêve d’une fin dans le feu comme la pucelle d’Orléans. Le feu tient une part symbolique et importante, l’analogie avec Jeanne D’Arc permet d’ajouter une dimension de martyr et sacrifice à un personnage flirtant entre le romantisme noir et l’univers gothique. Dans l’imaginaire collectif, le vampire peut être tué par le feu, la décapitation ou un pieu dans le cœur.
Côté distribution, Léonie Dahan-Lamort à travers Françoise, incarne l’héroïne romantique à la fois insolente et pleine de candeur. Aux côtés de Lilith Grasmug, que l’on verra prochainement dans Foudre de Carmen Jaquier.
La morsure ne révolutionne point le genre, mais arrive à nous offrir un moment de magie cinématographique à la fois contemplatif et d’émerveillement. Avec peu, on arrive à faire beaucoup, comme le chantait une icône nationale, «On fait bien des grands feux en frottant des cailloux», Romain de Saint Blanquat sait saisir la jeunesse et la fascination d’un vampire regardant des gouttes de sangs.
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15 mai 2024 en salle | 1h 27min | Drame
De Romain de Saint-Blanquat |
Par Romain de Saint-Blanquat
Avec Léonie Dahan-Lamort, Lilith Grasmug, Fred Blin
L’une des chansons du film : Scorpio Red (mastering Mono 45) par The Holy Mackerel. La chanson mêle fascination et frustration face à cette femme énigmatique, incarnant la dualité de l’amour et de la liberté.
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2 réflexions sur “On a vu pour vous : La morsure”