Tiger Stripes d’Amanda Nell Eu est le bijou horrifique du cinéma Malaisien. Un film qui sous ses allures simplistes ravivent le questionnement de l’impact de la culture et de nos peurs sur nos pathologies et les manifestations somatiques.

Tiger Stripes rappelle qu’il existe encore des pays où l’on considère impures les menstruations. La réalisatrice Amanda Nell Eu filme de manière naïve et percutante comment les légendes et creepy pastas mêlées à la peur ont des conséquences sur le collectif.
Ici, la peur est telle, que le non-respect de l’hygiène imposée arrive à provoquer tellement de tensions psychologiques qu’il en résulte la manifestation de crises d’hystérie et de folie collective. Le tout est porté à l’écran par la puissance du jeu de ces jeunes actrices ! Elles crient, elles pleurent et convulsent. Face à leur malaise, les adultes recourent à des exorcistes, ne voulant accepter la source réelle de ce malaise au sein de la jeunesse.
La société rejette la Nature et la Nature possède un aspect comme magique et sauvage. À travers cette fable horrifique sur les bouleversements hormonaux, la réalisatrice ose dévoiler le changement de la puberté. Il n’y a rien de sale et coupable et il faut assumer sa vie émotionnelle et révéler le tigre qui se cache en nous !

Quelques mots sur la production du film
Primé au Festival de Cannes 2023, le film explore les tourments de l’adolescence à travers le personnage de Zaffan, métamorphosé en monstre. La réalisatrice, Amanda Nell Eu, s’inspire de sa propre expérience de puberté, dénonçant la pression sociale sur l’apparence. À travers Tiger Stripes, elle souhaite questionner la notion de monstre et redéfinir la beauté. L’évolution du personnage Zaffan, initialement basée sur les expériences d’Amanda, se nourrit de la force et le caractère de sa jeune actrice Zafreen Zairizal.
Le casting, affecté par la pandémie, recrute via les réseaux sociaux, mettant en avant 200 jeunes filles. Les ateliers explorent les thèmes du film, notamment le harcèlement et la confiance en soi. La métamorphose de Zaffan s’inspire du folklore d’Asie du Sud-Est, opposant le tigre-garou cherchant l’intégration à celui rejetant la société.
Le film rend hommage aux films d’horreur malais, aux maquillages des années 80, et au conte du Vilain Petit Canard. Les choix esthétiques captent l’énergie des personnages et la splendeur de la Malaisie, créant une atmosphère éthérée et intemporelle. Les contes transcendent les régions, offrant à Tiger Stripes une universalité entre tradition et modernité.
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13 mars 2024 en salle | 1h 35min | Drame, Fantastique, Epouvante-horreur
De Amanda Nell Eu |
Par Amanda Nell Eu
Avec Zafreen Zairizal, Deena Ezral, Piqa
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2 réflexions sur “Tiger Stripes, les foudres de l’adolescence sous le regard malaisien.”