HLM PUSSY, chronique fracassante de la jeunesse 2.0 


Un film porté par un casting d’acteurs et d’actrices étonnants : Léah Aubert (Amina), Médina Diarra  (Djeneba), Salma Takaline (Zineb) sont incroyables, quant à Oscar Al Hafiane est terrifiant dans le rôle de Zakaria.
Le film saisit avec justesse les problématiques actuelles comme le consentement, la rivalité au collège, la violence verbale et l’éternel questionnement sur « c’est quoi être français« .

Le film dévoile la problématique identitaire de ceux ayant percuté le plafond de verre et réussi à obtenir le rang social désiré. Ils sont dans la même aspiration idéologique que celle décrite par les héros romantiques : ils sont avocats, grands médecins, grands chirurgiens et pourtant, ils se battent encore contre leur origine, leur nom. Leurs enfants subissent une pression constante semblable à celle des enfants adoptés qui chaque jour devront mériter leur place et sans cesse se prouver à eux-mêmes et aux autres quelque chose.
On regarde souvent les personnes ayant brisé le plafond de verre avec admiration ou jalousie, mais derrière les apparences de la réussite se cache beaucoup de blessures et de peur de retomber. La peur de décevoir également les parents, leurs femmes et peur de redevenir ce qu’ils étaient à leur naissance.

Le film parle aussi de la violence au quotidien dont les ados maintiennent sans cesse le feu. Entre la défiance post me too et les réseaux sociaux pour sa conquête du buzz, dès que quelque chose dérange, on l’affiche sur les médias sociaux, comme si la communication avec nos aînés n’avait plus sa place. Cette brèche dans la communication avec nos ascendants montre combien nous avons perdu la confiance nécessaire pour nous épanouir. On ne se dit plus rien et chaque combat se retrouve isolé et révélé au monde par des algorithmes. En dessous de cela, il y a nos proches parfois brutalisés par les révélations, on leur a volé leur droit au silence et pourtant, ne pas dénoncer un crime lorsqu’on en est témoin est un délit.

Le casting est excellent. Ils ont vraiment toute la beauté et la sincère dans leur jeu. On suit bouche bée les jeunes actrices Léah Aubert (Amina), Médina Diarra  (Djeneba), Salma Takaline (Zineb) sont incroyables, et nous sommes effrayés par l’interprétation bilieuse de Zakaria par Oscar Al Hafiane
Un peu plus discrets et pour tant là, les deux acteurs campant le rôle des parents d’Amina, Bérénice Bejo en tant que mère et Mounir Margoum celui du père.

_____________

Note : 4 sur 5.

6 mars 2024 en salle | Drame
De Nora El Hourch | 
Par Nora El Hourch
Avec Leah Aubert, Médina Diarra, Salma Takaline


En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.