Un combat pour la vie qui révèle dans un montage parallèle le travail d’équipe hospitalière agissant dans la période cruciale entre l’entrée en super urgence et la greffe d’un organe.

Une leçon d’humilité dans la lignée du film Et les mistrals gagnants d’Anne-Dauphine Julliand.
On découvre dans ce film de Karim Dridi ce parcours où la foi ou l’espoir permettent de tenir ces longs moments d’incertitude. L’équipe soignante se montre bienveillante et ne donne jamais de faux espoirs aux parents. Comme le dit l’une des infirmières, il vaut mieux annoncer un temps de suivi réaliste et plus long, que de minimiser et de provoquer un sentiment de trahison et d’échec en cas d’allongement du temps du suivi postopératoire.
L’ensemble du corps soignant utilise une communication transparente et une gestion des attentes plus réaliste. Il explique également l’importance des parents dans l’accompagnement émotionnel, ils doivent être forts et incité l’enfant à continuer à se battre.
Le film dévoile l’intime de ces couples, le questionnement de l’instinct maternelle et aussi la sensation des pères d’être des lâches, leur lutte intérieure pour trouver leur place au sein des soignants et des mères fusionnelles. On découvre leur quotidien, leur solitude qui l’est un peu moins grâce à des forums d’échange entre parents ayant vécu la même épreuve.
Quelques mots sur le projet du film
Le réalisateur Karim Dridi dévoile que la genèse de son projet a émergé après une rencontre marquante avec l’association « Le Rire Médecin » et la fondatrice Caroline Simonds. Le déclic survient lorsqu’il entre dans une chambre de réanimation où des clowns apportent de la musique à un bébé en coma artificiel, faisant vibrer son électrocardiogramme. Ému, il décida de se consacrer à un film documentaire sur ce service.
Le projet du film n’aurait jamais pu se faire sans l’accord de l’administration, mais aussi du professeur Fabrice Michel, chef de service de réanimation pédiatrique. Il soutient son initiative, ouvrant toutes les portes de son service. Le réalisateur a choisi de focaliser son film sur les parents. Ce film montre l’envers du décor, non pas celui des soignants, mais celui des parents. Une décision motivée par l’observation d’un couple anxieux dans la salle d’attente. En suivant les parents, il découvre la force et l’humanité qui émanent du service hospitalier.
L’envie de démystifier l’hôpital
Le réalisateur aborde trois thèmes majeurs dans son documentaire. Tout d’abord, il met en lumière l’engagement des parents face à l’hospitalisation à haut risque de leurs enfants. Montrant le rôle crucial des parents dans le soutien émotionnel des enfants, en particulier lors des périodes de manque provoquées par la fin de l’administration de médicaments.
Ensuite, il cherche à démystifier l’hôpital et à montrer la réalité quotidienne des parents confrontés à des montagnes russes émotionnelles, oscillant entre euphorie et désespoir. Brisant le tabou entourant le don d’organes chez les enfants : 95% des enfants en réanimation pédiatrique survivent en France.

Par ce film, le réalisateur souhaite inspirer l’espoir, particulièrement aux parents. Il veut dévoiler la résilience et la force incroyable dont font preuve ces parents ordinaires, soulignant l’importance du rire et de la légèreté comme armes pour affronter les moments les plus difficiles.
Après avoir accompagné ces deux couples, il maintient des liens étroits avec eux. Espérant que son œuvre suscitera des discussions sur le système hospitalier, la crise des services pédiatriques et le don d’organes chez les enfants. Son documentaire vise à être un outil de communication et un compagnon pour les parents et les soignants confrontés à cette expérience bouleversante et humaine.
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28 février 2024 en salle
1h 38min | Documentaire
De Karim Dridi
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Une réflexion sur “Revivre, un film bouleversant sur le monde de la réanimation pédiatrique”