Inchallah un fils, regard sur la Jordanie d’aujourd’hui


Amjad Al Rasheed nous plonge dans ces longues procédures d’héritage : les Hommes ont tous les droits, où la femme n’en ont aucun sauf si elles sont mères d’un garçon qui devra lui assurer l’usufruit de ses biens jusqu’à sa majorité.

Inchallah un fils : une mère courage dans un pays où les femmes n’ont pas les mêmes droits que les Hommes.

Avec nos yeux d’Européens, on observe la chute aux enfers de Nawal, une veuve se retrouvant seule avec sa fille en pays de Jordanie. Nawal est une héroïne à l’image des personnages romantiques qui se battent pour leurs droits. Elle pourrait se remarier avec son collègue kiné, mais elle veut se battre contre la société pour affirmer ses droits dans un pays de non-droits pour les femmes.

Il y a cette phrase puissante : « Enfant, on a peur de rien », ce n’est qu’adulte que l’on prend conscience que même les petites choses comme une souris peuvent être dangereuses. Une belle métaphore pour décrire la vie des femmes où à l’arrivée de la puberté ou même parfois avant, on les enferme dans un monde dans lequel l’Homme possède tous les droits et tous les pouvoirs. Elles peuvent vivre seules, mais toujours sous la tutelle de leur frère qui assurera la prise de pouvoir d’un fils ou d’un futur mari.

Un regard sur la vie des chrétiens en Jordanie

Le film arrive également à montrer la vie des chrétiens en Jordanie, leur quotidien ne semble pas meilleur. En effet, l’avortement est passible de peines de prison. Dans ce pays, la législation sur l’avortement est influencée par l’islam, mais prend en compte les chrétiens et les juifs. Généralement strictement réglementé, l’avortement est autorisé en cas de danger pour la vie ou la santé de la femme.

Les interprétations religieuses, notamment dans l’islam, varient sur la période autorisée. Les chrétiens, bien que potentiellement exemptés de la Charia, sont soumis à une législation influencée par des valeurs religieuses. Les peines pour avortement illégal varient. La législation évolue dans ce pays et selon la manière dont le juge en charge du dossier prend un élément ou non, les pénalités seront différentes.

Une héroïne des temps modernes en croisade pour ses droits et la reconnaissance de son rôle dans la contribution financière au sein de son foyer. Une mère courage troublante et magistralement incarnée par Mouna Hawa.

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Note : 5 sur 5.

6 mars 2024 en salle | 1h 53min | Drame
De Amjad Al Rasheed | 
Par Amjad Al Rasheed, Rula Nasser
Avec Mouna Hawa, Seleena Rababah, Haitham Omari
Titre original Inshallah Walad

Pour en savoir plus sur l’avancement du combat pour les droits des Femmes. https://euromedrights.org
Résumé de l’article : En Jordanie, la législation sur les violences faites aux femmes est complexe. Bien que l’article 6 de la Constitution interdise la discrimination, la législation pénale ne couvre pas toutes les formes de violence. Le viol conjugal n’est pas spécifiquement criminalisé, et les crimes d’honneur peuvent bénéficier de peines atténuées. La loi sur l’avortement est restrictive, et les mutilations génitales féminines ne sont pas expressément interdites. La Jordanie a adopté des lois de protection, mais des lacunes subsistent, notamment dans la prise en compte de certaines formes de violence. Les femmes handicapées, célibataires, réfugiées, et travailleuses domestiques font face à des vulnérabilités spécifiques. Malgré des efforts de coopération avec l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, des recommandations incluent la révision constitutionnelle, l’amélioration des lois, et la sensibilisation accrue.


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