Ce film, débuté comme un rêve, se révèle tragique, explorant l’énigme d’une histoire d’amour et de conspiration. Entre Hitchcock et Lynch, il fusionne passé et présent, musique pathétique et images captivantes. Johannes, entre génie méconnu et paranoïa, incarne le chat de Schrödinger, entre vie et mort cérébrale. L’intrigue, ancrée dans le XXe siècle, questionne le destin et le chaos.

Le réalisateur, inspiré par la Nouvelle Vague et l’esthétique classique, crée une hallucination cinématique, un collage entre tradition et modernité. Le film aborde le thème du sosie, explorant différentes réalités.
Il y a quelque chose de tragique dans ce héros. Qu’importent les mondes, et les réalités, ils demeurent des choses immuables, et ces en cela que les mondes parallèles semblent toujours aussi fascinants. Ils dévoilent des versions de nous-même ayant pris un autre chemin, mais parfois même en retirant un élément de l’équation, nous obtenons toujours la même chose à la fin.
Avec une bande-son élaborée, le film offre une expérience sensorielle unique. L’élaboration du scénario n’a pas été le plus grand défi, mais la réalisation, avec son réseau de soutien, a été complexe. Les références à la physique quantique ajoutent une dimension métaphorique. À l’ère des multivers, ce film reflète la quête postmoderne de sens, une échappatoire virtuelle face à une réalité limitée.

La grande question du pourquoi l’Homme voudrait voyager dans ces autres mondes ou voyager dans le temps, c’est pour essayer de corriger des éléments et des mauvais choix. Johannes se raccroche à cette histoire d’amour, même s’il sait pertinemment qu’elle ne peut exister dans cette réalité.
L’aspect le plus tragique qu’il soit : le multivers remet en question le vrai libre arbitre. Du moins, le vrai libre arbitre n’a plus sa place, en suggérant que chaque choix crée une réalité distincte. Si toutes les possibilités sont explorées, nos décisions semblent préprogrammées dans divers univers, remettant en question la véritable nature du libre arbitre. Certains pensent que le libre arbitre peut coexister avec le multivers, chaque réalité parallèle reflétant différentes options. Cependant, la complexité du multivers rend cette question philosophique difficile à résoudre définitivement.
Un film esthétiquement fort, Universal Theory est déjà un classique !
Sur le plan esthétique, un sans-faute magistral. Le film est entrainant et flirte avec les genres, les références cinématographiques.
Il est vrai qu’on (re)découvre dans ce film l’art de filmer en noir et blanc. Une chose qui souvent apparait comme une facilité technique, bien que travailler la lumière, les ombres, les contre-jours, demande d’anticiper et d’adapter complètement les sujets pour qu’ils se distinguent parfaitement.
Le réalisateur possède tous les arguments pour s’inscrire dans un cinéma d’auteur avec une photographie percutante, de la poésie dans les cadrages. Universal Theory est déjà un classique ! Retrouve toute la force des grands cinéastes de l’expressionnisme allemand tant dans la chromatique que dans les cadrages. Dans certaines scènes, le silence fait rage et les expressions du héros permettent de voir beaucoup plus que des mots, des dialogues.
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21 février 2024 en salle | 1h 58min | Drame, Thriller
De Timm Kröger |
Par Timm Kröger, Roderick Warich
Avec Jan Bülow, Olivia Ross, Hanns Zischler
Titre original Die Theorie von Allem
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Une réflexion sur “Universal Theory nous entraine à travers le multivers”