L’Étoile filante peint un tableau contemporain de la lutte sociale à travers des personnages tels que Boris, Dom et Fiona, incarnant différentes facettes de la société. Ancrée dans le présent, l’histoire résonne avec des luttes politiques passées, soulignant l’intemporalité des thèmes de révolte et de désenchantement. Les réalisateurs explorent la fragilité humaine à travers des personnages variés, illustrant le contraste entre la chute et la résilience.
Le film, naviguant du burlesque au polar, propose une palette émotionnelle riche malgré la naïveté persistante du cinéma des créateurs. L’utilisation de l’art du muet, de la danse et de la distanciation comique offre une transposition stimulante pour interroger la violence et ses conséquences. En rejetant le naturalisme au profit d’un style naïf et clownesque. Ce film porté par personnages stéréotypés utilise la dissidence et la fusion des genres pour interpeler le spectateur. « L’Étoile filante » est l’exploration intemporelle des défis universels de la vie et de la société. L’envie de s’enfuir et de repartir à zéro !
Une belle surprise cinématographique tant sur le plan de la photographie que dans le travail esthétique des décors. Le côté très théâtral et suite de numéro à la Buster Keaton rappelant l’époque des grands maitres du slapstick.
Le slapstick est un style comique visuel caractérisé par des gags physiques, des chutes exagérées et des situations burlesques.
Dominique Abel, Fiona Gordon sont incroyables et Kaori Ito est la révélation féminine de cet ovni du cinéma indépendant ! Le tout soutenu par une bande originale signée Birds on a Wire, qui apporte une forme de douceur dans ce film noir et agité.

Un film hors format
L’étoile filante est un bel ovni du cinéma belge. Un hors format à la dialectique est très artistique : millimètre et chorégraphié. On saluera ce travail sur le corps en mouvement très important et même le scénario par ses choix créé l’idée de mouvement en mettant en place la thématique du double. Aux yeux des personnages n’ayant pas connaissance de l’existence de ce parfait sosie, ils ont l’impression que le protagoniste a le don d’ubiquité.
La crainte que l’on peut avoir est qu’une partie du public n’aura pas forcément les codes pour apprécier cette œuvre. Le rythme très soutenu et ces passages chorégraphiés peuvent être déstabilisant et donner l’impression d’un récit décousu. Pourtant, tout est bien rodé, construit afin de proposer une forme de film noir très coloré, où se mêlent différentes formes artistiques. Un film à voir pour l’expérience cinématographique.
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31 janvier 2024 en salle | 1h 38min | Comédie
De Dominique Abel, Fiona Gordon |
Par Dominique Abel, Fiona Gordon
Avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Kaori Ito
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Une réflexion sur “L’Étoile Filante : L’Art de la fuite, entre dissidence et absurde”