Découvrez Decima, le premier album de PAMMY


Une belle surprise musicale, Decima de Pammy propose un opus composé de sept titres. Ouvrant sur Cassandre, un titre sonnant chanson française. Très rapidement, on comprend en écoutant de plus près que les arrangements et la production rappellent un peu la nouvelle scène Pop Rock du début des années 2000.

La chanson parle d’une jeune femme prénommée Cassandre comme l’héroïne de la mythologie grecque. Cassandre, fille de Priam, roi de Troie, reçoit le don de prophétie d’Apollon. Pourtant, lorsqu’elle refuse ses avances, le dieu la maudite : bien qu’elle prédise l’avenir avec précision, personne ne la croira jamais. Dévastée par le destin tragique de Troie, ses avertissements restent ignorés, scellant sa propre tragédie. La malédiction de Cassandre illustre la cruauté des dieux grecs et la solitude de la vision prophétique non reconnue.

Ici, le choix du même prénom vise à renforcer le côté tragique du quotidien de la protagoniste de la chanson. Celle-ci s’efforce d’avertir ceux d’en haut, qui restent sourds et aveugles, regardent ceux d’en bas avec mépris. Ils n’ont pas conscience de la réalité de ce monde. Il n’y a rien de plus tragique que de vivre sa vie sans pouvoir être compris et vivre dans une forme de boucle infernale. C’est peut-être l’aspect le plus difficile de la lutte des classes.

Combien ça vaut l’enfance, nostalgie du temps de l’insouciance et dureté de la vie adulte.

C’est dans le détail que l’on retrouve les choses les plus merveilleuses et surprenantes, par exemple Combien ça vaut l’enfance, qui fait penser à la ligne mélodique du thème de Forest Gump.

Dans un échange avec l’artiste, elle a révélé que cela est fortuit et par pur hasard. Elle explique que la mélodie initiale avait été modifiée pour s’éloigner de sa forme originelle, qui rappelait un peu trop celle de Braveheart.

Dans ce titre, l’artiste se questionne sur les phénomènes de modes, sur les choix que l’on peut faire au quotidien. Dans une tentative d’universalité, elle pose en parfaite égalité sa propre peine et la souffrance des autres.

Les paroles évoquent la force et la résiliation à rester debout malgré les épreuves de la vie. Pourtant, malgré tous les rêves et nos idéaux de notre enfance et adolescence, on finit tous par être abattu par la réalité. Notre idéal se meurt dans les démences ordinaires et la mélancolie. Toutes nos défaillances finalement trouvent leur racine dans nos souvenirs d’enfance souvent liés à l’absence d’un parent ou d’un proche. L’aspect tragique de la chanson est dans le constat que l’on peut parfois penser à notre propre mort, penser se l’infliger. En toute fin, la lucidité nous rattrape et on prend conscience que même si nous ne sommes rien pour les rouages de l’univers, notre absence sera un nouveau caillou dans la chaussure de nos proches.

Paris, désillusion et ville prison.

Dans un autre titre, Paris, on retrouve une atmosphère qui rappelle énormément celle de Starmania, avec un chant rappelant l’époque de France Gall, avec des voix directes et simples. C’est sans effet superflu et franc. On saluera le clin d’œil au poème Le Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire.

Cette simple référence renforce la dissonance cognitive entre l’idée du Paris carte postale et la réalité de Paris. On est comme foudroyé par le côté déstabilisant de cette visite de Paris, un peu comme les touristes atteints du syndrome de Paris ou de Tokyo.

La chanson décrit la ville de Paris comme une prison moderne, ses rues froides exacerbant l’isolement malgré la multitude de résidents. Elle raconte l’histoire de gens qui sont nostalgiques de l’époque où ils rêvaient encore. La ville est devenue celle des touristes perdues à trottinettes, égarées dans la froideur urbaine.

Un peu comme une prison dorée, la beauté architecturale masque une réalité, dans laquelle chacun reste isolé, indifférent au tumulte quotidien. Les paroles soulignent la paradoxale solitude dans la foule, évoquant une ville qui, malgré sa densité, peut rendre étrangers même ceux qui y vivent. La vision des touristes égarées à travers la ville illustre la difficulté de trouver un véritable lien humain dans ce dédale urbain. Ainsi, la chanson explore la dichotomie entre l’effervescence apparente de Paris et la sensation d’emprisonnement émotionnel qui peut y régner.

Un autre coup de cœur est la ballade au piano, Kyrie Eleison. Une chanson sur l’amour sincère et entier où l’on donne son amour et son nom. On a beaucoup aimé la progression lente avec un climax. Ce genre de production nous a beaucoup fait penser à Michel Berger et son Paradis blanc, ou encore L’ombre de vos vies de Vegastar, principalement pour l’hyper production qui se cache derrière ce qui semble simple et évident ; un peu à l’image des plus belles histoires d’amour, qui au premier regard semble simples et naturelles, mais en dessous se cache des équations insoupçonnées.

Disponible sur spotify & youtube

Pammy offre une belle surprise musicale avec « Decima« , un opus de sept titres. En explorant des thèmes tels que la tragédie de Cassandre, la nostalgie de l’enfance, et la réalité paradoxale de Paris, l’album se distingue par sa diversité et son engagement émotionnel. Les mélodies, allant de la pop-rock à la ballade au piano, surprennent par leur cohérence. Les paroles, profondes et universelles, reflètent la résilience face à la vie adulte et la quête d’amour sincère.

L’artiste, à travers des références subtiles, offre une perspective authentique sur des sujets intemporels. « Decima » séduit par sa complexité cachée derrière une apparence simple, rappelant des classiques tout en innovant.

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