L’autre Laurens, la figure du double et les archetypes du polar américain revisités par Claude Schmitz


Un film écrit de manière propre et précise, qui arrive à surprendre même les plus avertis des spectateurs. La thématique du double et du jumeau est très bien exploitée. Quant à LOUISE LEROY, elle est la révélation du film tant par sa présence et la maturité de son jeu.

Le réalisateur Claude Schmitz arrive à développer le personnage du détective rongé par son passé, face à lui un frère jumeau qui semble avoir une vie en totale opposée à la sienne. Il est excellent dans les affaires, mène la grande vie, mais peu à peu la belle peinture s’effrite et s’écaille.

Le tableau s’effrite, puis peu à peu les choses qui sonnent faux, des éléments qui se contredisent. Entre double, et illusion des apparences, le film développe également plusieurs figures de la femme : la mère, la mère fantôme, la maîtresse, l’amante et la jeune femme indépendante incarnée par Louise Leroy. Elle a cette conviction dans son jeu entre Et Dieu créa la femme et Le mépris.

Inspiré du cinéma américain et de ses archétypes

Le film L’autre Laurens de Claude Schmitz explore habilement les codes du polar et de la série B, créant ainsi une expérience cinématographique intrigante. Le réalisateur choisit délibérément de naviguer entre ces deux genres, offrant une dramaturgie complexe qui repose sur des dispositifs simples. Cette fusion entre polar et série B permet au réalisateur de jouer avec les attentes du public, créant une atmosphère à la fois familière et surprenante.

Un élément clé de l’approche du film est son rythme faussement lent. Plutôt que de céder à la frénésie typique des films d’action contemporains, L’autre Laurens prend son temps pour développer ses personnages et son intrigue. Cependant, ce rythme est bien maîtrisé, créant une tension sous-jacente qui maintient l’intérêt du spectateur. Cette lenteur délibérée sert à renforcer l’aspect polar du film, rappelant les enquêtes méthodiques des détectives classiques. Ce rythme faussement lent apporte du charme et renforce le parti pris esthétique du réalisateur.

Le film explore également des archétypes du cinéma américain, notamment la figure de la femme fatale et celle de l’amante qui hante l’esprit du détective.

La femme fatale, elle est un archétype classique du genre polar. Dans le film, ce personnage incarne la séduction et le danger. Elle est souvent ambivalente, manipulant les hommes pour atteindre ses propres objectifs. La présence d’une femme fatale dans ce film ajoute une couche de mystère et de complexité à l’intrigue, tout en renforçant le lien avec le genre polar. Elle incarne la tentation et l’obsession, des éléments clés de l’histoire du détective. Sa présence hante l’esprit du protagoniste, contribuant ainsi à la tension narrative et à l’exploration des thèmes du film.

La femme fatale, les mafieux, les motards, le détective, les policiers véreux… Ces personnages empruntent aux traditions du film noir, ajoutant une couche de complexité à l’intrigue. L’autre Laurens parvient à jouer habilement avec les codes du polar et de la série B, tout en proposant une réflexion sur l’identité et une tension narrative captivante. Ce film se distingue par sa capacité à mélanger des éléments narratifs variés pour créer une expérience cinématographique unique.

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Note : 4 sur 5.

4 octobre 2023 en salle / 1h 57min / PolicierThriller
De Claude Schmitz
Par Claude SchmitzKostia Testut
Avec Olivier RabourdinLouise LeroyKate Moran


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