Ce film est touchant par sa beauté et sa manière de montrer le quotidien d’Omid un jeune homme de 14 ans évoluant dans les quartiers bombardés et les habitants d’Abadan en Iran.

Pour la réalisation soignée et ses graphismes.
On est vraiment dans une création de personnages avec des traits fins, des contours non marqués par des lignes sombres. On a réellement une recherche esthétique proche du réel, tout en conservant un style graphique très marqué. La réalisatrice signe aussi la direction artistique du film, elle a fait beaucoup de recherches avant de lancer le projet.
Inspiré de faits réels
L’histoire inspirée des faits réels de la guerre entre Iran et l’Irak. La réalisatrice Sepideh Farsi nous plonge dans le quotidien d’une jeunesse et de personnages reposant sur de faits authentiques se déroulant en Iran dans les années 80. On est touché par le quotidien du héros, Omid, qui rencontre Pari et plusieurs protagonistes. Il y a une rage dans le film, celle de sortir de l’enfer des bombes, mais aussi avoir des réponses sur son frère parti au combat.

Parler de l’absurdité des guerres
La réalisatrice avec film fait éclore sa voix (et celle d’une génération) à travers celle d’un homme indigné d’une guerre, qui utilise des enfants, des jeunes ados. Il fait dire à ce soldat que la guerre est faite par des sourds et des gens qui ne voient rien. Cela souligne l’ineptie des guerres et les dégâts qu’elle cause, car les victimes sont dirigées par des gens incapables de percevoir la réalité.
Bonus : Un devoir de mémoire
La préservation du passé et le partage de l’Histoire sont d’une importance capitale pour éviter que les erreurs du passé ne se répètent. Sepideh Farsi, réalisatrice de renom, en est consciente après avoir réalisé de nombreux documentaires et films. Dans son film, elle s’est donné pour mission de mettre en lumière le conflit Iran-Irak, l’un des plus meurtriers du XXe siècle, mais également l’un des moins documentés. Malgré l’interdiction de retourner en Iran depuis 2009, Sepideh Farsi a utilisé l’animation pour représenter la guerre avec une touche de réalité historique. Ce choix lui permettait de contourner les contraintes physiques liées à la destruction d’Abadan, une ville martyre du conflit, tout en créant une distance nécessaire pour traiter de la brutalité de la guerre. En faisant preuve de vigilance et en évitant les images de propagande, elle a pu offrir sa propre version de la réalité de ce conflit et contribuer ainsi à compléter le récit tronqué de cette période sombre de l’Histoire.
Tout au long du film, les personnages rencontrés par le protagoniste, Omid, incarnent différentes positions vis-à-vis de la guerre, chacun résistant à sa manière aux restrictions imposées par le nouveau régime. Sepideh Farsi a intentionnellement créé une pluralité de perspectives pour permettre à chaque spectateur de se forger sa propre opinion, évitant ainsi de tomber dans un discours didactique.
Le film est parsemé de symboles qui résonnent de manière puissante avec la situation actuelle en Iran, rappelant que la résistance contre le pouvoir existe depuis longtemps. En évoquant les mouvements sociaux et les moments de désespoir réprimés violemment, la réalisatrice souligne l’importance de la résilience et de la persévérance du peuple iranien. Abadan, malgré sa destruction durant la guerre, est un symbole d’espoir, étant aujourd’hui reconstruite et peuplée. Ce film artistique et engagé offre ainsi une nouvelle perspective sur l’Histoire et rappelle la nécessité de la préserver et de la partager afin d’éviter les erreurs passées.
_______________
28 juin 2023 en salle / 1h 40min / Animation
De Sepideh Farsi
Scénario Javad Djavahery • création graphique ZAVEN NAJJAR
Avec Mina Kavani, Hadmidreza Djavdan
En savoir plus sur Direct-Actu.fr le blogzine de la culture pop et alternative
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

