Affamés : Quand Scott Cooper et Del Toro se rencontrent, c’est splendide !


Quand Scott Cooper et Del Toro se rencontrent, c’est splendide ! Ce début de chronique semble un peu trop accrocheuse ? On s’en excuse, mais il est vrai que lorsque l’intrigue et le jeu des acteurs arrivent à nous captiver plus d’un quart d’heure, pourquoi minimiser nos phrases ?

Un film qui tient en haleine et qui revisite un mythe amérindien trop souvent dénaturé. On a tendance à confondre le Wendigo et le loup-garou et pourtant, ils ne sont pas si éloignés l’un de l’autre.

En relisant des textes sur ces deux créatures, on constate que leur grande différence se résume à leur lieu de résidence, mais également leur nature profonde. Le wendigo est désigné comme un être humain ayant commis le crime de cannibalisme, tandis que le loup-garou serait un être subissant une malédiction. Dans les deux cas, on retrouve des cas de lycanthropies par contamination qui fonctionne comme la reproduction non sexuée chez les vampires (d’ailleurs, on n’a jamais vu de reproduction sexuée chez les vampires !).

L’Oregon souffre de maux silencieux le jour, mais à la nuit tombée ce Mal ne demande qu’une chose tout dévorer.

Dans ce film, le réalisateur et son producteur ont cherché à créer du lien entre l’imaginaire collectif moderne et les récits mythologiques des amérindiens. Le tout fonctionne et confère à cette créature une dimension grandiose et effrayante. Le film cherche à donner une explication au Mal, c’est le propre de la majorité des films de genre. On ne peut pas faire un film sans donner des réponses aux spectateurs, sans quoi ils ressortiraient avec le sentiment d’avoir été baladés.

Le propre d’un bon film fantastique ou d’horreur est de créer un lien entre la réalité et la fiction. On doit ériger un semblant de vérité, ce qui marche depuis Nosferatu est le prétexte de la science : on dit qu’un mal existe depuis la nuit des temps et contamine les gens tels un virus infectieux.

Le mythe des Wendigos est souvent très obscure, on ne sait pas trop le différencier d’un loup-garou, mais ce film cherche à donner un peu plus d’explications et de consistance au mythe.

Les Wendigos et sa légende permettent surtout de prévenir les gens au danger du cannibalisme. Cette légende est partagée par plusieurs nations amérindiennes et peut désigner la transformation physique d’un humain après la consommation de viande humaine comme une possession spirituelle.

Ce film comme beaucoup d’autres films d’horreur réutilisent l’analogie entre le démon spirituel et les traumatismes psychiques. Sans surprise, l’institutrice s’impose peu à peu comme héroïne aux yeux du spectateur. Elle va malgré les conseils des autres protagonistes faire une projection de ses propres démons (ceux de son passé et d’un père sadique-malsain) et le quotidien terrifiant de son jeune protégé.

Le souci des films de genre, c’est que le spectateur avance sans surprise, il sait comment ça va se terminer. On regarde ces films non pas pour le suspense, mais pour la frayeur. On aime avoir peur, on aime deviner comment le réalisateur va s’emparer d’un sujet. Ici, le duo réussit avec brio là où d’autres auraient fait quelque chose de terne ou banale.

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